Bruxelles, 17/09/2015 (Agence Europe) - Aussi tôt présentée, l'initiative de la Commission européenne pour lutter contre le chômage de longue durée a été décriée, jeudi 17 septembre, par la Confédération européenne des syndicats (CES) comme étant « juste des recommandations » qui « ne feront pas une grande différence ».
La Commission avait déjà dévoilé les contours de son initiative au début du mois de septembre (EUROPE 11383). L'initiative a finalement été adoptée par le collège des commissaires, mercredi 16 septembre, pour être ensuite présentée à la presse par la commissaire chargée de l'Emploi et des Affaires sociales, Marianne Thyssen, le lendemain.
Cette proposition, qui s'intéresse aux services, surtout personnalisés, offerts aux chômeurs de longue durée pour faciliter leur retour sur le marché du travail, va être maintenant transmise au Conseil de l'UE. Sur la base d'un mélange de différentes « bonnes pratiques » entraperçues dans certains États membres (Allemagne, pays scandinaves…), la Commission a formulé trois grandes recommandations dont la mise en oeuvre pourra être financée en aménageant les moyens disponibles dans le Fonds social européen.
Ces recommandations s'adressent à l'ensemble des Vingt-huit, car, s'il y a des bons élèves en la matière, tous ont quelque chose à améliorer, selon la Commission. Sans oublier qu'on place aujourd'hui dans la catégorie de chômage de longue durée (sans emploi depuis 12 mois) la moitié de tous les Européens qui sont au chômage, soit environs 12,1 millions de personnes, dont 60% n'ont pas d'emploi depuis plus de deux ans.
Premièrement, les États membres sont encouragés à inscrire les chômeurs de longue durée auprès des services de l'emploi. Cela semble évident, mais cela ne l'est pas dans la réalité, a noté Mme Thyssen. En effet, ils sont, en moyenne, 73% à être inscrits, mais ce chiffre tombe à 50% dans plusieurs États membres.
Deuxièmement, la Commission recommande de fournir à chaque chômeur de longue durée inscrit auprès de ces services une évaluation individuelle approfondie l'aidant à déterminer ses besoins et son potentiel au plus tard au cours du 18ème mois de chômage.
Troisièmement, il faudrait à l'avenir proposer un accord d'intégration professionnelle à tous les chômeurs de longue durée inscrits auprès des services de l'emploi, au plus tard au cours du 18ème mois de chômage. Le choix de cette échéance n'est pas fortuit, les taux de transition du chômage à l'emploi chutant fortement entre le 12ème et le 24ème mois de chômage.
Cette proposition de la Commission a reçu un accueil réservé de la part des syndicats. Le secrétaire général adjoint de la CES, Jozef Niemiec, a affirmé que ces « propositions ne feront pas une grande différence », car « ce sont juste des recommandations - personne n'est obligé de faire quoi que ce soit - et il n'y a pas de financement supplémentaire de prévu pour les mettre en oeuvre, en particulier pour les pays les plus affectés par la crise ». En attendant une reprise économique riche en emplois, « les chômeurs sont poussés dans la pauvreté parce que moins de 35% des chômeurs de courte durée reçoivent effectivement des prestations de chômage et plus de 70% des personnes au chômage depuis 18 mois ou plus ne reçoivent aucune indemnité de chômage », a-t-il ajouté, relate un communiqué du CES. (Jan Kordys)
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