Bruxelles, 17/09/2015 (Agence Europe) - Si les ministres de l'Environnement des Vingt-huit se réunissent vendredi 18 septembre à Bruxelles, c'est pour mettre la dernière main au mandat de négociation de l'UE pour la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21, Paris 30 novembre-11 décembre).
Cette session extraordinaire du Conseil Environnement, que présidera Carole Dieschbourg, ministre luxembourgeoise de l'Environnement, sera exclusivement dédiée à cette tâche. Miguel Arias Cañete, commissaire européen à l'Action pour le climat et l'Énergie, représentera la Commission européenne.
L'offre de contribution de l'UE (INDC, selon le sigle anglais) pour la COP 21, transmise à l'ONU dès le mois de mars, est connue de longue date: une réduction d'au moins 40% de ses émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2030 par rapport à 1990. Ses attentes pour la COP 21 le sont aussi: un accord universel, juridiquement contraignant, dynamique, avec un mécanisme de révision, de transparence et de vérification des engagements, à conclure à Paris pour entrer en vigueur en 2020.
Le projet de conclusions du Conseil reflète ces attentes. Au-delà de l'engagement d'atténuation de l'UE, le texte reflète sa vision de l'accord, des objectifs et du contenu de l'accord pour un résultat ambitieux. Mais les ministres doivent encore trouver la bonne formulation pour la question encore litigieuse de l'objectif à long terme, même si, dans l'ensemble, l'adoption de conclusions unanimes ne devrait pas poser de problème.
C'est l'objectif à long terme qui pose le plus de difficultés. L'UE affirmera sa volonté d'un accord ambitieux, universel, juridiquement contraignant et la nécessité, pour la communauté internationale, de se doter d'un objectif de long terme et d'affirmer un objectif de 'neutralité carbone' à l'horizon 2100. Le projet de conclusions sur la table mentionne une réduction de 60% des émissions à l'horizon 2050 comme l'a proposé la Commission européenne. Mais la Pologne ne veut pas de cet objectif, lui préférant la fourchette de 40 à 70% à l'horizon 2050, conformément à ce que préconise le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). «Il y aura en tout cas quelque chose pour l'horizon 2100. Pour 2050 il reviendra aux ministres de trancher », confiait, jeudi, un diplomate à la presse.
L'UE affirmera la nécessité de disposer d'un mécanisme régulier de transparence des engagements et de revue, tous les cinq ans, pour respecter l'objectif d'un réchauffement inférieur à 2 degrés Celsius.
Elle montrera qu'elle tend la main aux pays en développement, en particulier les plus pauvres et les plus vulnérables, en tenant à être un trait d'union pour garantir l'équilibre entre l'atténuation et l'adaptation.
En attendant que les ministres des Finances adoptent leur position formelle le 10 novembre (après le Conseil Ecofin du 6 octobre, la réunion des ministres des Finances du G20 et celle de Lima des 9 et 11 octobre en marge des réunions d'automne du FMI et de la Banque mondiale - EUROPE 11388), les conclusions devraient rappeler que le financement des 100 milliards de dollars US par an à l'horizon 2020 pour soutenir les efforts des pays en développement sera l'un des éléments clés pour parvenir à un accord.
Au cours du déjeuner, les ministres feront le point de l'état des négociations et poursuivront la mise au point d'une politique de communication avant et durant la conférence de Paris.
À ce jour, 62 pays ont soumis leur INDC à l'ONU (EUROPE 11390). « Tous les États membres sont d'avis qu'il n'y aura de succès à Paris que s'il y a une masse critique significative de pays qui s'engagent. Les conclusions ne citeront pas nommément les pays qui doivent s'engager, mais, pour nous, l'objectif est un accord véritablement global impliquant tous les émetteurs significatifs. Le langage est à définir », affirmait, jeudi un haut fonctionnaire de l'UE. À 80 jours de la COP 21, certains grands pays émergents n'ont pas encore déposé leur INDC - la Turquie, l'Inde, le Brésil, l'Argentine, l'Afrique du Sud. « Il existe encore un potentiel pour la diplomatie climatique. L'UE s'y emploie », assurait cet expert. (Aminata Niang)