Bruxelles, 03/09/2015 (Agence Europe) - Hausse du prix d'intervention dans le secteur du lait, système de régulation de la production laitière, accentuer la pression sur la Russie pour qu'elle rouvre son marché à la viande porcine: voici quelques-unes des pistes suggérées par la région Bretagne (France) dans la perspective du Conseil Agriculture du lundi 7 septembre, consacré à la crise qui sévit dans le secteur de l'élevage.
Michel Morin, vice-président en charge de l'agriculture à la région Bretagne, a effectué une visite à Bruxelles, mercredi 2 et jeudi 3 septembre, pour faire connaître auprès de certains interlocuteurs (Commission européenne, États membres, eurodéputés) les attentes de la Bretagne en vue de cette réunion du Conseil.
Crise du lait. M. Morin a rappelé qu'il y avait en ce moment une surproduction au niveau mondial de 1%, ce qui est « au-delà de ce que le marché peut absorber aujourd'hui ». La France, l'Irlande, l'Allemagne ou encore la Pologne participent en partie à cette surproduction, de même que d'autres régions du monde.
Face à la situation, la région de la Bretagne demande notamment: - une hausse du prix d'intervention (beurre et lait écrémé en poudre) jusqu'à au moins 25 centimes d'euros (contre 21 aujourd'hui) ; - à moyen terme, réfléchir à un « système de régulation », après la fin des quotas laitiers.
Viande porcine. M. Morin admet que la France a une part de responsabilité dans les problèmes sur le marché surtout par le manque d'organisation de la profession. Il rappelle que les difficultés de surproduction sont dues aussi à la fermeture du marché russe. Donc, l'idée est de faire pression sur la Commission européenne pour qu'elle obtienne de la Russie une levée de son embargo sur les produits porcins. « On souhaite que l'UE se saisisse de la question », a dit M. Morin. Il souhaite aussi qu'il y ait une discussion sur les barrières sanitaires (question des antibiotiques, notamment). Par ailleurs, « il faut regarder la question des travailleurs détachés ». Selon les organisations syndicales de salariés en France, il existe, dans certains abattoirs en Europe, un détournement de la directive (exploitation humaine). Il faut vérifier comment cette directive est appliquée dans les pays de l'UE, a souligné M. Morin. Enfin, il y a le débat sur l'étiquetage des viandes dans les produits transformés. (Lionel Changeur)