Bruxelles, 03/09/2015 (Agence Europe) - Le commissaire chargé de la Culture, Tibor Navracsics, estime que la culture deviendra un sujet prépondérant dans les relations diplomatiques entre l'UE et les pays tiers. La Commission européenne va tenter, en effet, de développer cet aspect dans sa politique étrangère, estimant que la culture peut faciliter le dialogue et améliorer la compréhension entre les peuples à l'heure où la menace terroriste risque de les diviser. « La diplomatie culturelle doit émerger du contact entre les peuples. Elle doit être un processus de compréhension mutuelle, basé sur des partenariats égaux (…) La culture a un rôle crucial à jouer pour encourager la citoyenneté, la bonne gouvernance et la démocratie », a déclaré, jeudi 3 septembre, le commissaire Navracsics.
Le commissaire a participé à une conférence internationale de deux jours à Echternach, sous l'égide de la Présidence luxembourgeoise, sur le thème « Culture et développement: vers une approche plus stratégique des politiques culturelles dans les relations extérieures de l'UE » (3-4 septembre). L'objectif de la conférence, qui se poursuit ce 4 septembre, était de donner un aperçu des façons dont la culture et le développement interagissent, d'éclairer les liens entre ce sujet et le contexte plus global de la culture dans les relations extérieures et de poser la question de la cohérence entre politiques. Dans son discours, Tibor Navracsics remarque un « changement de paradigme » de la diplomatie culturelle. « D'une simple démonstration de l'excellence d'un pays, elle est devenue un processus d'enseignement mutuel et de « co-création » basé sur des partenariats égaux. Je pense que c'est cette direction que nous devons prendre si nous voulons vivre dans une société inclusive et tolérante où chaque citoyen a de la valeur », a-t-il remarqué. M. Navracsics appelle par conséquent à une approche plus stratégique et concertée des relations culturelles avec les pays partenaires, basée sur la confiance et la crédibilité des échanges et dont l'objectif est un partage des valeurs fondamentales.
Depuis la publication en 2007 de la communication « Agenda européen de la culture », la culture est considérée comme un élément indispensable dans les relations extérieures de l'Union européenne. L'intégration transversale de la culture dans les autres politiques sectorielles reste toutefois un défi que les ministres européens de la Culture tentent de relever. Le domaine des relations extérieures de l'UE ne fait pas exception à cela, bien que des initiatives très encourageantes en la matière pointent déjà dans la bonne direction, a estimé la Présidence luxembourgeoise. Elle a ajouté qu'il manquait encore de la coordination et qu'il fallait « réfléchir à assurer une meilleure cohérence afin d'éviter une perte de synergie et de ressources ». Le commissaire Navracsics entend s'attaquer à ce manque de synergie. Il a en effet indiqué réfléchir avec Federica Mogherini « à la manière de créer une stratégie européenne pour la diplomatie culturelle qui approfondira et rehaussera nos relations extérieures ». Faisant référence aux destructions des sites culturels et archéologiques en Syrie par Daesch, Tibor Navracsics a souligné combien il était important, pour la survie de l'héritage culturel mondial, de prendre des mesures drastiques pour assurer sa protection. Dans cette optique, il a indiqué que la Commission réfléchissait actuellement à un renforcement des interdictions visant le commerce de biens culturels en provenance d'Irak et de Syrie. Mais elle veut aller plus loin et examine également l'adoption d'une législation qui réglementerait l'importation de biens culturels au sein même de l'UE. M. Navracsics a annoncé pour ce faire le lancement d'une étude en 2016 qui analyserait les failles dans les législations qui réglementent ce commerce. (Isabelle Lamberty)