Bruxelles, 03/09/2015 (Agence Europe) - La députée européenne Jude Kirton-Darling (S&D, britannique) a demandé à la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, dans un courrier du jeudi 27 août, de veiller à ce que la prochaine révision de l'accord de libre-échange UE/Mexique de 2000 garantisse la ratification et la pleine mise en oeuvre par Mexico de toutes les conventions de l'organisation internationale du travail (OIT).
« Le Mexique n'a pas ratifié la convention 98 de l'OIT sur le droit d'organisation et de négociation collective. Et bien qu'il ait ratifié la convention 87 sur la liberté d'association, l'OIT a identifié des lacunes graves dans ses lois sur le travail qui limitent ces libertés fondamentales », souligne Mme Kirton-Darling.
Les 'contrats de protection', qui permettent aux employeurs de signer des conventions collectives avec les syndicats dominés par les employeurs, souvent sans la consultation préalable des travailleurs ou sans que ceux-ci en soient informés, sont « un des aspects les plus préoccupants » de ces lacunes et constituent un « obstacle majeur » à une « véritable » liberté d'association, explique la travailliste britannique, déplorant aussi la « manipulation » par les employeurs et les syndicats dominés par les employeurs du système des commissions du travail (juntas de conciliación y arbitraje) et la corruption qui y règne.
« La révision de l'accord commercial UE/Mexique est une occasion cruciale pour l'UE de montrer son engagement en faveur des droits des travailleurs à l'échelle mondiale. En outre, les lacunes du Mexique en termes de droit à la négociation collective et de liberté d'association faussent la concurrence: ne pas traiter ces lacunes dans le contexte de relations commerciales approfondies pourrait conduire au dumping social, ce qui pourrait être préjudiciable aux travailleurs européens », insiste Mme Kirton-Darling.
« Tout accord UE/Mexique révisé ne devrait pas simplement viser à la ratification par le Mexique de la convention 98 de l'OIT et la mise en oeuvre complète de la convention 87: l'UE devrait user de son influence pour obtenir la ratification et l'application intégrale de toutes les normes fondamentales de l'OIT comme condition préalable à la conclusion de ces négociations commerciales », conclut-elle.
L'UE et le Mexique ont réaffirmé leur volonté, lors de leur sommet bilatéral du 12 juin (EUROPE 11334), de lancer cette année le processus de démarrage des négociations pour la modernisation de l'accord global qui régit depuis 2000 la coopération bilatérale en matière politique et commerciale. Les deux parties veulent moderniser l'accord global en l'étendant à d'autres domaines tels que l'énergie, la facilitation des échanges, le développement durable (EUROPE 11312). (Emmanuel Hagry)