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Bulletin Quotidien Europe N° 11331
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) russie

Le Parlement veut dialoguer avec Moscou tout en maintenant les sanctions

Strasbourg, 09/06/2015 (Agence Europe) - Les députés européens ont souligné, mardi 9 juin, lors d'un débat sur les relations entre l'UE et la Russie, l'importance de maintenir l'unité de l'Union européenne, de dialoguer avec la Russie et de maintenir les sanctions tant que cela sera nécessaire.

« Ce qui est le plus important dans la relation avec la Russie c'est la cohérence, la constance dans nos actions et être unis », a expliqué, au nom du PPE, Jacek Saryusz-Wolski (polonais), rappelant que « la relation avec la Russie n'a jamais été aussi mauvaise ». « Le S&D souhaite renforcer le dialogue, la diplomatie, dont la diplomatie parlementaire », a expliqué, pour ce groupe, Liisa Jaakonsaari (finlandaise). Si on peut, le cas échéant, renforcer les sanctions, « il est important d'avoir une nouvelle vision, une nouvelle philosophie sur les relations. Si nous continuons à nous pointer du doigt les uns ou autres, si nous n'ouvrons pas de nouvelles perspectives, la spirale n'ira qu'en s'aggravant », a-t-elle ajouté.

« La clé de voûte sera le respect à nouveau du droit international par la Russie », a expliqué, pour l'ADLE, Johannes Cornelis Van Baalen (néerlandais), mettant en avant la restitution de la Crimée à l'Ukraine et la mise en œuvre et le respect des accords de Minsk. « Il faut être dur face à Poutine, mais il faut poursuivre la coopération avec la société civile russe ; beaucoup de Russes veulent la paix. Cela prendra beaucoup de temps. (…). Il faut être dur, ne pas céder et laisser le temps faire son œuvre », a-t-il ajouté. Pour Ana Elzbieta Fotyga (CRE, polonaise) « la Russie essaie d'étendre son influence dans le monde et cela se traduit par une politique agressive ». « Nous voulons maintenir le dialogue, être amicaux, mais il ne faut pas se leurrer ; il faut savoir de quelle Russie on parle », a-t-elle expliqué. « Il est très important qu'il y ait un changement de la donne et que l'on prenne acte de l'importance du 'soft power' et ne pas s'engager dans une politique de puissance », a expliqué l'Allemande Rebecca Harms pour les Verts. « Il faut une solution diplomatique fondée sur le 'soft power' mais on ne le dit pas », a confirmé l'Italien Fabio Massimo Castaldo, pour l'EFDD, qui a aussi appelé à la fin d'une « application opportuniste » de la politique étrangère de l'UE, « en fonction de la realpolitik, des enjeux politiques à atteindre ».

Les représentants du PPE, du S&D, des Verts et de la CRE ont appelé au maintien des sanctions contre la Russie. Pour M. Saryussz-Wolski, « les sanctions sont la meilleure réponse pour la politique agressive de la Russie ». « Les sanctions sont indispensables », a considéré Mme Jaakonsaari, alors que Mme Fatyga a souhaité que les mesures soient maintenues. « Il ne faut pas abandonner les sanctions, mais qu'elles soient compréhensibles, fiables pour toutes les parties prenantes et pour tous », a expliqué Mme Harms.

La GUE et les non inscrits ont, eux, montré leur opposition au rapport de Gabrielius Landbergis (PPE, lituanien), sur l'« état des lieux des relations entre l'UE et la Russie ». « Les relations UE/Russie sont paralysées depuis un certain temps. Pour changer le processus, il faut la confiance plutôt, que la politique de puissance, l'empathie plutôt qu'un enfumage politique, une forme de coopération plutôt qu'une escalade ou une forme d'exclusion », a souligné, pour la GUE, l'Allemand Helmut Scholz, qui s'est opposé au rapport qui ne « ne cherche pas de solution, ni une sortie de cette impasse, mais à discipliner un gouvernement ». Pour le non inscrit français Aymeric Chauprade, les députés font partie des partis de la guerre qui empêchent tout dialogue. Il a qualifié le rapport de « dangereux ».

La Commission, représentée par la commissaire à la Justice, aux Consommateurs et à l'Égalité des genres, Vera Jourova, a mis en avant l'importance de l'unité des États membres. « Cela ne signifie pas réduire le politique au plus petit dénominateur commun, mais poursuivre la démarche globale, une stratégie de patience et de vision », a-t-elle expliqué. « L'UE est prête à lancer des relations prévisibles et mutuellement enrichissantes avec la Russie », a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)

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