Bruxelles, 09/06/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne et le Mexique jetteront les bases d'une renégociation du cadre régissant leur partenariat stratégique, vendredi 12 juin à Bruxelles à lors d'un 7ème sommet bilatéral qui se tiendra au lendemain du sommet UE/Amérique latine et Caraïbes (EUROPE 11329).
Cette modernisation des relations entre l'UE et le Mexique vise à refléter la place qu'occupe désormais sur la scène internationale le pays d'Amérique centrale, membre du G20 (EUROPE 11300). Le sommet mettra notamment l'accent sur la lutte contre les changements climatiques, l'éradication de la pauvreté et une meilleure appréhension des questions migratoires. La volonté du partenaire mexicain de participer à des missions onusiennes de maintien de la paix sera saluée. Sera également donné le coup d'envoi aux négociations techniques visant à aboutir à la conclusion d'un accord UE/Mexique sur le transfert des données des passagers aériens (EUROPE 11296).
Les questions des droits de l'homme, de l'État de droit et de la sécurité des citoyens ne devraient pas être occultées, alors que le gouvernement mexicain fait face au mécontentement populaire face à l'impunité dont jouissent le crime organisé et certaines personnalités politiques corrompues. Ce mécontentement s'est traduit dans les récentes élections nationales et locales au Mexique au cours desquelles des candidats non affiliés ont réalisé de bons scores, à l'image de Jaime Rodriguez Calderon, élu gouverneur du Nuevo León, le deuxième État le plus riche du pays.
En matière commerciale, la partie européenne veut moderniser l'accord de libre-échange en vigueur depuis 2000, avec l'objectif d'en faire un accord comparable à celui conclu fin 2014 avec le Canada (CETA). « L'accord en place a permis de multiplier par deux les échanges et plus de deux les flux d'investissement. On veut le porter à un niveau plus élevé, en couvrant aussi d'autres domaines liés au développement économique et social, à l'énergie et au développement durable », a expliqué une source diplomatique.
La commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a détaillé ses ambitions, le 11 mai dernier, à l'occasion de la visite à Bruxelles du secrétaire mexicain à l'Économie et au Commerce, Guajardo Villarreal (EUROPE 11312). L'UE attend plus de concessions en matière tarifaire et une plus grande ouverture en matière de services, de marchés publics (pour ne pas se limiter aux marchés conclus avec le gouvernement central) et d'investissement (notamment pour inclure des secteurs tels que les télécommunications et l'énergie). Elle veut aussi inclure des chapitres sur les barrières non tarifaires et la réglementation ainsi qu'une mise à jour du chapitre sur les droits de propriété intellectuelle.
L'UE et le Mexique sont liés par un accord de partenariat économique, de coordination politique et de coopération, appelé accord global, conclu en 1997. Cet accord comprend des dispositions commerciales qui ont été développées dans un accord de libre-échange entré en vigueur en 2000 pour la partie relative au commerce des marchandises et en 2001 pour celle relative au commerce des services. Cet accord inclut aussi des chapitres spécifiques sur l'accès aux marchés publics, la concurrence, les droits de propriété intellectuelle et les investissements. (Mathieu Bion et Emmanuel Hagry)