Bruxelles, 09/06/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a accusé bonne réception, mardi 9 juin, de nouvelles « suggestions » envoyées dans la matinée par la partie grecque. Expliquant, par la voix de son porte-parole, Margaritis Schinas, devoir les étudier avant de faire des commentaires, l'institution n'a formulé aucun commentaire sur le contenu du document. Dans les couloirs, relayée massivement par les grandes agences de presse, l'impression était que le nouveau document n'était pas suffisant n'était, au mieux, qu'une vague amélioration de celui transmis la semaine dernière.
En fin de compte, la question n'est pas vraiment de savoir ce que les institutions pensent, confiait une source de l'eurozone, avant d'ajouter qu'il s'agissait surtout de savoir si la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, pourraient s'en accommoder. Ils auront le loisir d'en discuter ce mercredi avec le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, lors d'une rencontre en marge du Sommet UE-Amérique latine.
Deux documents ont été transmis par les Grecs mardi matin: l'un sur la dette et les arrangements qui viendront après juin, selon cette source, et le second document concentré essentiellement sur la préparation de l'accord au niveau technique ('staff-level agreement'). Des documents plus courts que les précédents, chacun de trois pages. Le document visant à préparer un accord au niveau technique ne donnerait apparemment pas beaucoup de détail sur les mesures à envisager. Il évoquerait notamment des recettes de la TVA plus élevées, sans spécifier ce que le taux doit être, selon cette source. Les Grecs devaient revoir leur copie, mardi dans l'après-midi. Le premier document préconiserait par ailleurs que le Mécanisme européen de stabilité rachète les obligations grecques détenues par la BCE que la Grèce doit rembourser pendant l'été pour un total de 6,7 milliards d'euros.
« Je crois que les institutions et les créanciers ont fait tant de concessions aux Grecs que je ne peux imaginer de nouvelles concessions », a déclaré Hans Joerg Schelling, ministre autrichien des Finances. « Nous allons tout faire pour garder la Grèce dans l'eurozone, mais notre patience est comptée », a expliqué son homologue finlandais, Alexander Stubb, qui rencontrait le ministre allemand, Wolfgang Schäuble à Berlin.
Interrogé sur sa rencontre, la veille, avec son homologue grec, M. Schaüble a déclaré que les différences demeuraient. (Elodie Lamer)