Bruxelles, 04/06/2015 (Agence Europe) - Après la réunion entre le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, et le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, il est désormais attendu des Grecs qu'ils regardent les propositions de l'eurozone « plus en détail, et probablement qu'ils reviennent avec certaines propositions alternatives », a expliqué M. Dijsselbloem, jeudi 4 juin.
Les trois responsables politiques ont convenu de se revoir dans les jours à venir, a expliqué la Commission, qui ne s'avançait sur aucune date, même si l'hypothèse d'une réunion ce vendredi soir circulait dans la presse. M. Tsipras parlera toutefois au Parlement grec dès 18h00, heure locale, à Athènes, ce vendredi, afin d'informer les députés des avancées des négociations. Selon la presse grecque, des sources gouvernementales ont démenti la rumeur selon laquelle M. Tsipras s'apprêterait à réclamer un vote de confiance. Il a redit après sa rencontre avec ses partenaires que la base d'un accord devait être la proposition grecque.
Selon M. Dijsselbloem, les différences entre les parties demeuraient assez importantes. Selon Reuters, les créanciers demandent à la Grèce de réduire de 1% du PIB les dépenses pour les pensions, ainsi que de lever 1,8 milliard d'euros en augmentant à 11% le taux de la TVA sur des produits comme les médicaments et à 23% le taux sur d'autres produits, y compris l'électricité. Des engagements sont également réclamés sur les privatisations. M. Tsipras a par ailleurs noté que les parties étaient proches d'un accord sur l'excédent budgétaire primaire. Le document grec fixe un objectif de 0,6% du PIB cette année, 1,5% en 2016, 2,5% en 2017 et 3,5% en 2018. L'offre des créanciers vise un excédent de 1% cette année, 2% en 2016, 3% en 2017 et 3,5% en 2018. Les questions les plus difficiles resteraient les pensions et la TVA.
Une extension de quatre mois du programme serait également à l'examen, avec la possibilité de convertir 10,9 milliards d'euros gardés pour les banques pour couvrir les besoins financiers de la Grèce pour l'été. Quant au remboursement de 300 millions d'euros au FMI ce vendredi, M. Tsipras a dit seulement aux journalistes de « ne pas s'inquiéter ».
Certains médias évoquaient le 14 juin comme date butoir pour un accord. La réunion régulière de l'instance préparatoire de l'Eurogroupe, l'Euro working group, se tiendra le 15 juin. « Les prochaines heures, les prochains jours sont essentiels », a dit le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. (Elodie Lamer)