Bruxelles, 04/06/2015 (Agence Europe) - La lutte contre le changement climatique est une priorité du Sommet des sept pays les plus industrialisés qui se tiendra dimanche 7 et lundi 8 juin à Elmau (Allemagne). À la veille de ce G7 et à six mois de la conférence de Paris (COP 21, 30 novembre-11 décembre), les appels au relèvement de l'ambition se multiplient, car les négociations piétinent à Bonn et les offres de contribution (INDCs) au futur accord mondial ne permettent pas, loin s'en faut, de respecter l'objectif des 2 degrés Celsius.
« La conférence de Paris, qui aura lieu au mois de décembre prochain, suscite pour la première fois depuis des années l'espoir d'un accord sur le climat dans lequel tous les pays, y compris les pays émergents, s'engageront à réduire leurs émissions. Nous pourrions ainsi nous rapprocher de l'objectif de limiter à deux degrés la hausse de la température sur la planète. Ainsi que nous le disent les experts, c'est le seul moyen de rester à un niveau de température gérable », a écrit la chancelière allemande, Angela Merkel, dans une tribune publiée dans le quotidien français Le Monde, datée du jeudi 4 juin.
Mais, selon la dernière analyse de 'Climate Action Tracker' », le G7 et l'UE qui contribuent ensemble à environ 30% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et à 40% du PIB mondial n'ont fait qu'« un petit pas dans la bonne direction vers les 2 degrés Celsius ». Leurs offres combinées pour 2025 et 2030 seraient de 20 à 30% en dehors des clous et leurs politiques actuelles ne conduiraient qu'à stabiliser leurs émissions à l'horizon 2030. Il convient en outre d'accroître les efforts pour réduire les émissions avant 2020 afin de faciliter la réduction rapide des émissions à compter de 2020.
Les représentants des partis verts des pays membres du G7 ont appelé, jeudi, les chefs d'État et de gouvernement du G7 à: - prendre l'engagement sans équivoque et contraignant de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour limiter la hausse des températures à 2 degrés Celsius maximum ; - s'engager à prendre leur juste part dans les 100 milliards de dollars US par an promis pour le financement climatique en 2020 ;- s'appuyer sur les initiatives existantes pour créer un système de tarification du carbone qui incorpore le véritable coût de l'extraction et de la consommation du charbon ; - agir ensemble pour respecter l'engagement pris par le G7 en 2009 d'éliminer les subventions aux combustibles fossiles.
Les ONG redoutent que l'Allemagne, championne des renouvelables, sous la pression du Canada et du Japon, n'accepte de repousser à 2100 l'objectif de se débarrasser des énergies fossiles. « Angela Merkel devrait saisir cette opportunité pour faire le premier pas vers l'élimination du charbon en Allemagne avant le sommet. Cela permettrait de convaincre B. Obama et ses collègues du G7 d'effectuer la transition vers 100% d'énergies renouvelables d'ici à 2050 », déclarait Martin Kaiser de Greenpeace, le 2 juin. (Aminata Niang)