Bruxelles, 04/06/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne a dénoncé, jeudi 4 juin, les violents combats autour de la ville de Marinka, près de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, qu'elle a qualifiés de « plus grave violation du cessez-le-feu en vertu des accords de Minsk depuis février ».
Les combats ont fait au moins 26 morts en 24 heures, dont des civils. Le gouvernement ukrainien a accusé, mercredi 3 juin, les séparatistes pro-russes d'avoir lancé cette offensive, ce que les séparatistes nient. Ils ont cependant confirmé la tenue de combats.
« Ces combats risquent de déclencher une nouvelle spirale de violences et de souffrances humaines », a estimé la porte-parole de la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Maja Kocijancic. Elle a souligné que l'escalade avait suivi le « mouvement d'une grande quantité d'armes lourdes vers la ligne de contact par les séparatistes prorusses qui a été rapporté dans la nuit par les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ».
Dans un rapport publié mercredi 3 juin au soir, la mission de l'OSCE a affirmé que des « combats avaient éclaté autour de la ville contrôlée par le gouvernement de Marinka » et avoir observé « le mouvement d'un grand nombre d'armes lourdes dans les territoires contrôlés par la République populaire de Donetsk, généralement vers l'ouest de la ligne de front, près de Mariinka, avant et durant les combats ». Selon la mission, le calme a été restauré en début de soirée.
Mme Kocijancic a rappelé que le cessez-le-feu devait être pleinement respecté et les armes lourdes retirées de la ligne de front et « conservées dans des sites de stockage ouverts à des vérifications régulières » par les moniteurs de l'OSCE. « La mise en oeuvre des accords de Minsk, à laquelle toutes les parties ont déclaré leur engagement, ne peut réussir que sur la base d'un tel cessez-le-feu, le retrait définitif des armes lourdes et le suivi régulier et la vérification », a-t-elle ajouté.
L'Ukraine demande des sanctions supplémentaires
L'ambassadeur ukrainien auprès de l'UE, Kostiantyn Yelisieiev, a demandé un renforcement des sanctions contre la Russie. Selon lui, depuis l'attaque de Debaltseve, c'est la première fois que les accords de Minsk « sont au bord d'un effondrement complet ». « L'attaque sur Marinka doit être l'élément déclencheur pour le renforcement des sanctions sectorielles contre Moscou », indique une déclaration publiée sur le site de la mission ukrainienne auprès de l'UE. « Dans le contexte du prochain Sommet du G7 (7-8 juin), du Conseil Affaires étrangères (22 juin) et du Conseil européen (25-26 juin), l'Ambassadeur a exhorté l'UE à prendre des mesures immédiates pour soutenir l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine, en particulier en accélérant la pression des sanctions sur Moscou afin de le motiver à remplir ses obligations », souligne la déclaration.
Le Conseil européen de mars a donné son accord de principe pour maintenir les sanctions. Ainsi, le Conseil européen des 25 et 26 juin pourrait être l'occasion de les proroger jusqu'au mois de décembre, soit le moment où toutes les dispositions des accords de Minsk devraient avoir été mises en oeuvre (EUROPE 11279). (Camille-Cerise Gessant)