Bruxelles, 04/06/2015 (Agence Europe) - L'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) a noté des évolutions positives sur le marché de la drogue, comme le déclin de l'héroïne, dans son nouveau rapport annuel publié jeudi 4 juin à Lisbonne.
Mais l'agence s'est montrée prudente sur d'autres points, s'inquiétant par exemple de la vente de plus en plus répandue de drogues sur Internet, le rythme intense d'apparition de nouvelles drogues de synthèse sur le marché (à raison de 2 par semaine) et la consommation toujours très importante de cannabis.
Le cannabis reste d'ailleurs la drogue la plus consommée en Europe. Selon l'OEDT, 19,3 millions d'adultes, dont 14,6 millions âgés de 15 à 34 ans, ont indiqué avoir consommé du cannabis l'an dernier. La consommation est en hausse en France, en Bulgarie et dans quatre pays nordiques (Danemark, Finlande, Suède, Norvège) et le cannabis représente 80% des saisies de drogues en Europe.
Concernant les substances psychoactives non contrôlées, 101 nouvelles substances ont été notifiées en 2014, détectées au rythme de deux par semaine. Souvent vendues comme « legal highs » (euphorisants légaux), ces nouvelles drogues sont en progression par rapport aux 81 substances en 2013. Ce chiffre porte le nombre total de substances faisant l'objet d'un suivi de la part de l'observatoire européen à plus de 450, dont plus de la moitié identifiée au cours des trois dernières années.
Internet joue par ailleurs un rôle de plus en plus important dans l'offre et la commercialisation de drogues aux Européens, l'OEDT ayant identifié 650 sites web vendant des euphorisants légaux aux Européens. La vente de drogues illicites sur les « cryptomarchés » ou les marchés en ligne du « deep web » (accessible via des logiciels d'encodage) constitue aussi « un développement problématique », ces espaces permettant un échange anonyme de produits et de services entre des individus utilisant souvent des « crypto devises » (comme les Bitcoins) afin de faciliter les transactions cachées. (Solenn Paulic)