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Bulletin Quotidien Europe N° 11328
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) libye

Difficile mise en place de la mission PSDC EUNAVFOR Med

Bruxelles, 04/06/2015 (Agence Europe) - La mise en place de l'opération navale militaire de l'UE - EUNAVFOR Med - pour briser le modèle d'affaires de passeurs et de trafiquants de personnes dans la Méditerranée semble compliquée. Les discussions aux Nations Unies sont pour l'instant en pause et le gouvernement légitime de Tobrouk est sceptique. Le 18 mars, la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, avait espéré que la décision de lancer l'opération serait prise lors du Conseil Affaires étrangères du 22 juin prochain.

La résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies pourrait ne pas être adoptée d'ici là. Sans cette résolution, toutes les phases de l'opération ne pourront pas être lancées. Jeudi 4 juin, une source de l'ONU a expliqué à EUROPE que les discussions au sein du Conseil de sécurité étaient « en pause », en attendant que les États membres se mettent d'accord sur comment mettre en place la mission et que les négociations avec les Libyens avançaient. « Une fois les deux points débloqués, les négociations reprendront » à New York, a-t-elle ajouté. Elle a précisé que, « pour l'instant », il n'y avait que des discussions assez restreintes et aucun texte précis n'avait été présenté.

La négociation avec les Libyens pourraient prendre du temps. Si Mme Mogherini a rencontré, mercredi 3 juin, le ministre des Affaires étrangères libyen, Mohammed al-Dairi, et que la discussion a été, selon le porte-parole de la Haute Représentante, « très constructive », précisant que les contacts continueraient « dans les prochaines semaines », l'ambassadeur libyen à l'ONU s'était, lui, montré ferme, le 2 juin. « La position de la Libye est claire: tant que l'UE et certains autres pays ne font pas affaire uniquement avec le gouvernement légitime comme le seul représentant du peuple libyen, ils n'obtiendront pas le consentement de notre part», avait expliqué Ibrahim Dabbashi à l'AFP. « Je pense que la résolution ne sortira jamais », avait-il ajouté.

Mme Mogherini a indiqué à plusieurs reprises que l'UE recherchait un partenariat « avec toutes les autorités libyennes concernées ». Interrogée sur la possibilité pour l'UE de ne dialoguer qu'avec le gouvernement de Tobrouk, sa porte-parole a répété que l'UE encourageait la formation d'un gouvernement d'unité nationale.

Par ailleurs, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a confirmé, jeudi 4 juin la convergence de vues avec l'UE sur la Libye affirmée par Mme Mogherini lors d'une conférence de presse commune. Il a cependant souligné que la « solution serait libyenne » et non extérieure, en indiquant que les parties en cause libyennes sont réunies à Alger pour en discuter. « L'échec n'est pas une option », a-t-il déclaré. Les pays voisins doivent également se réunir le 5 juin à N'Djamena (Tchad) et apporter leur soutien à l'envoyé spécial de l'ONU, Bernardino Leon, en écartant toute idée d'intervention militaire. (Camille-Cerise Gessant avec Fathi B'Chir)

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