Les prévisions de l'OCDE sur la croissance mondiale pour 2015-2016 revues à la baisse. La croissance mondiale se consolidera progressivement et retrouvera d'ici la fin 2016 son rythme d'avant la crise, prédit l'OCDE dans ses « Perspectives économiques ». L'organisation revoit toutefois nettement à la baisse ses prévisions de croissance par rapport à ses dernières prévisions de novembre. Par ailleurs, l'activité se répartira de manière plus uniforme dans les grandes économies et les déséquilibres extérieurs d'ensemble seront moins marqués qu'ils ne l'étaient avant 2007. Au cours des trois premiers mois de 2015, la croissance mondiale a enregistré sa plus faible croissance trimestrielle depuis la crise. Si ce fléchissement peut être vu comme transitoire, les gains de productivité demeurent décevants. La faiblesse de l'investissement dans de nombreuses économies pèse sur la consommation, la création d'emplois et la revalorisation des salaires, sapant les perspectives d'une croissance durable à long terme. L'OCDE prévoit ainsi que la croissance mondiale s'établira à 3,1% en 2015 avant d'atteindre 3,8% en 2016. Ces taux sont inférieurs à ceux retenus par les Perspectives de l'OCDE de novembre 2014 qui étaient de, respectivement, 3,6% et 3,9%. La croissance mondiale devrait se redresser à moyen terme, sur fond de faiblesse des prix du pétrole, d'amples mesures d'assouplissement monétaire et d'une modération des efforts d'assainissement budgétaire dans les grandes économies, précise encore l'OCDE. - Dans la zone euro: la croissance devrait s'établir à 1,4% cette année et à 2,1% en 2016, soit une amélioration par rapport à l'édition antérieure des « Perspectives » qui prévoyait respectivement 1,1% et 1,7% pour ces deux années. Les mesures d'assouplissement monétaire de la BCE ont été plus énergiques que prévu et ont été assorties d'une forte dépréciation de l'euro, ce qui devrait renforcer les effets positifs de la pause dans les efforts d'assainissement budgétaire et du recul des prix du pétrole. - Aux États-Unis: la croissance devrait s'établir à 2% en 2015 et à 2,8% en 2016, soit une révision à la baisse des prévisions de novembre 2014, qui tablaient sur un rythme de 3,1% cette année et de 3% l'an prochain. Si l'appréciation du dollar et des conditions météorologiques défavorables ont pesé sur la croissance au début de 2015, le recul du chômage se poursuit. Une politique monétaire accommodante et le faible niveau des prix du pétrole devraient continuer à stimuler la demande. - Au Japon: la croissance devrait s'équilibrer à 0,7% en 2015, contre 0,8% prévu en novembre ; et à 1,4% en 2016 (contre 1% sept mois plus tôt). Les facteurs alimentant la reprise sont notamment la baisse du prix du pétrole, la progression des exportations à la faveur de la dépréciation du yen et la hausse des salaires réels. - En Chine: la prévision de croissance du PIB a été révisée à la baisse pour 2015 avec 6,8% contre 7,1% dans les Perspectives de novembre dernier, et 6,7%, et non plus 6,9%, pour 2016. Cette décélération s'explique par la réorientation actuelle de l'économie chinoise, dans laquelle les activités de services se substituent au secteur manufacturier et à l'investissement immobilier comme principal moteur de la croissance. - En Russie, en Inde et au Brésil: la croissance devrait rester à la fois soutenue et stable en Inde, avec 7,3% en 2015, puis 7,4% en 2016. La Russie et le Brésil devraient sortir de la récession et retrouver en 2016 une croissance positive bien que faible. (Isabelle Lamberty)