login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11323
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) libye

Le problème migratoire est une menace pour la Libye, selon B. Leon

Bruxelles, 28/05/2015 (Agence Europe) - Le Représentant spécial de l'ONU pour la Libye, Bernardino Leon, a considéré, jeudi 28 mai, que le problème migratoire était une « menace pour la Libye ».

« Il ne faut pas prendre le parti que le problème migratoire est un problème européen (…) c'est une menace pour la Libye, pour le processus politique », a-t-il expliqué, lors d'une conférence au Parlement européen organisée par le S&D. « Il s'agit d'une menace économique, politique et sécuritaire comparable à une tumeur qui chaque jour gagnera de nouvelles autorités et institutions ; c'est une menace sérieuse pour l'avenir d'une Libye démocratique qui se fonde sur des institutions fortes », a-t-il ajouté. Pour lui, les passeurs font partie de mafias qui profitent de la crise, opèrent plus facilement dans un contexte de crise et qui feront tout pour que la crise perdure pour pouvoir poursuivre leurs activités. « Le pays est confronté à un marasme économique où le pouvoir de ces mafias est particulièrement grand », a-t-il précisé, ajoutant que ces mafias ne font pas seulement le trafic de personnes, mais aussi le trafic d'armes.

Si de nombreux Libyens considèrent qu'il faut aider les Européens, selon M. Leon, en fait l'immigration est aussi « leur propre problème, il faut que les deux parties (Européens et Libyens) coopèrent car le problème touche les deux parties ». Les Libyens doivent comprendre l'importance de cette question de l'immigration et du fait qu'il s'agit d'une menace pour leur transition vers la démocratie, a-t-il ajouté. Le Représentant spécial de l'ONU a souligné qu'il sera nettement plus simple de lutter contre l'immigration avec un gouvernement libyen d'unité nationale.

Peu de temps pour la formation d'un gouvernement

M. Leon est ainsi revenu sur la formation d'un gouvernement d'unité nationale. Il a annoncé que l'UE préparait un nouveau projet de texte qui devrait être transmis aux différentes parties prenantes au cours de la première semaine de juin. « Dans trois, quatre semaines, nous verrons si nous pourrons nous diriger vers un accord », a-t-il ajouté.

Selon le représentant de l'ONU, il existe une convergence entre les parties sur 80% du texte, mais le travail doit continuer sur les 20% restants. « C'est là qu'on doit améliorer la proposition et qu'on va essayer de réduire l'écart entre les parties », a-t-il expliqué, ajoutant que les parties devront faire des « concessions importantes ». La signature d'un accord n'est qu'une étape, « certes importante », mais c'est n'est que le début de la reconstruction libyenne, a-t-il rappelé.

« On commence à manquer de temps », a prévenu M. Leon. « Le pays n'a plus de temps. L'effondrement de la Libye est possible », a-t-il ajouté. Les finances libyennes vont mal, la situation sécuritaire, avec, entre autres, la menace de l'organisation État Islamique (EI), est mauvaise. M. Leon a expliqué que s'il n'y avait pas d'accord, c'est l'EI qui bénéficierait de la situation.

Selon le Représentant de l'ONU, la situation en Libye est « un échec collectif, tout le monde est responsable ».

Par ailleurs, l'UE a condamné, mercredi 27 mai, l'attaque terroriste, la veille, contre le Premier ministre, Abdullah Al-Thinni, dont ce dernier est sorti indemne, la qualifiant d'« agression scandaleuse pour déstabiliser davantage la Libye ». L'UE a appelé toutes les parties en Libye « à s'unir pour affronter les tentatives qui sapent les efforts libyens pour trouver un accord politique ». (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
EMPLOI
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
INSTITUTIONNEL
BRÈVES