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Bulletin Quotidien Europe N° 11323
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Athènes semble seule à croire à un accord d'ici dimanche 31 mai

Bruxelles, 28/05/2015 (Agence Europe) - Les autorités grecques ont repris les négociations mercredi soir au sein du groupe de Bruxelles (où elles se réunissent avec la Commission, la BCE et le FMI) « avec pour objectif d'avoir un accord d'ici dimanche », a déclaré, jeudi 28 mai depuis Athènes, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis, cité par la presse grecque.

Les trois institutions aimeraient y croire, mais semblent sceptiques, de même que certains ministres des Finances de l'eurozone. « Les négociations entre les trois institutions et le gouvernement grec n'ont toujours pas été très loin », a déclaré le ministre allemand, Wolfgang Schäuble, sur la chaîne télévisée allemande ARD, mercredi soir, ajoutant être toujours un peu surpris lorsqu'il entend le gouvernement grec dire qu'un accord est proche. La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a partagé ce scepticisme. « Nous sommes tous dans un processus de travail vers une solution pour la Grèce et je ne dirai pas que nous avons déjà atteint des résultats substantiels », a-t-elle affirmé également sur la chaîne ARD. « Les choses ont bougé, mais il reste beaucoup à faire », a-t-elle ajouté.

Pour la Commission européenne, le refrain est similaire. Expliquant que le léger retard pris dans la reprise des discussions était dû à des problèmes à l'aéroport de Bruxelles, Annika Breidhardt, porte-parole de la Commission européenne, a déclaré jeudi que davantage de progrès étaient requis. Les discussions se poursuivront dans les prochains jours, a-t-elle expliqué.

« L'optimisme exprimé par le gouvernement est basé sur des faits, les conditions sont mûres pour avoir un accord », a toutefois précisé M. Sakellaridis.

La Grèce fait face à des échéances de remboursement en cascade en juin. Au FMI, la Grèce doit rembourser environ 306 millions d'euros le 5 juin, puis 344 millions le 12 juin, 574 millions le 16 juin et 459 millions le 13 juillet. Pendant l'été, ce sont plus de six milliards que le pays doit rendre à la BCE. Le gouvernement grec a laissé planer le doute en début de semaine sur sa capacité à honorer son échéance de la fin de la semaine prochaine vis-à-vis du FMI, si un accord n'était pas atteint d'ici là avec ses bailleurs de fonds. Au sein de l'eurozone, on dit toutefois que le 5 juin n'est pas vu comme une date butoir ultime.

Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a dit sur la chaîne CNBC que l'institution de Francfort ne pouvait pour l'instant pas accepter la dette grecque en garantie ('collateral') pour que les banques viennent se financer auprès d'elle de manière moins coûteuse que les liquidités d'urgence ('emergency liquidity assistance'), qui les gardent pour l'heure à flot. Selon les données de l'agence de notation Moody's du 20 mai dernier, la fuite des dépôts a atteint plus de 30 milliards d'euros en Grèce depuis décembre dernier.

Les États de l'eurozone devaient s'entretenir du dossier grec, jeudi après-midi, au sein de l'instance préparatoire de l'Eurogroupe, l'Euro working group. Depuis Dresde, où se réunissaient les grands argentiers des pays du G7 (France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Canada et États-Unis), en présence de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, du président de la BCE, Mario Draghi, et du commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, les esprits étaient également mobilisés sur la Grèce.

Des discussions sur le dossier grec s'y seraient tenues dans plusieurs formats, selon l'AFP. « Tout le monde doit mettre les bouchées doubles (…) et trouver une solution », a déclaré mercredi le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, cité par l'AFP.

Le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a quant à lui fait remarquer qu'il ne restait plus qu'un mois dans le plan d'aide actuel, et que l'arrangement de suivi ('follow-up arrangement') qui accompagnera la sortie du programme devait lui aussi être négocié entre les parties. (Elodie Lamer)

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