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Bulletin Quotidien Europe N° 11323
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai/migrants

La France réticente quant à la clef de répartition retenue

Bruxelles, 28/05/2015 (Agence Europe)- La France, pays considéré comme pouvant faire basculer la majorité requise au Conseil, a accueilli avec prudence, mercredi 27 mai, les propositions de la Commission européenne consistant à inciter les États membres à accueillir 40 000 migrants susceptibles d'obtenir l'asile et 20 000 réfugiés actuellement abrités dans les pays tiers, portant la part de Paris à près de 9 000 migrants.

Dans un communiqué, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a notamment contesté la clef de répartition choisie par l'exécutif européen et estimé que « la clé de répartition devra mieux prendre en compte les efforts déjà effectués par les États membres dans le cadre de la protection internationale, ainsi que d'autres formes d'assistance telles que les admissions humanitaires ».

La France, a-t-il dit, est toutefois « ouverte à l'examen d'un mécanisme de répartition solidaire, au niveau européen, des demandeurs d'asile en besoin manifeste de protection. Cinq États membres sont en effet en charge de 75% des demandeurs d'asile aujourd'hui dans l'Union européenne: cette situation n'est pas soutenable ». Mais « l'équilibre entre responsabilité et solidarité devra donc être pleinement respecté pour parvenir à un mécanisme de répartition solidaire au niveau européen. Les mesures présentées aujourd'hui par la Commission doivent être complétées à cette aune ».

Paris juge ainsi « indispensable de mettre en place, dans les pays les plus touchés et avec le soutien de l'Union européenne, des dispositifs incontestables permettant d'identifier rapidement, selon des critères solides et partagés, les migrants en besoin manifeste de protection. Les migrants irréguliers devront, pour leur part, faire l'objet de mesures de retour et d'éloignement depuis le premier pays d'entrée, avec le soutien de Frontex ».

La Belgique a également émis des signaux négatifs par la voix du ministre Théo Francken qui a jugé également que la proposition de la Commission ne prend pas suffisamment en compte les efforts que certains États membres ont déjà fournis en matière d'accueil des demandeurs d'asile. Interrogé mardi 26 mai, a rapporté Belga, M. Francken (N-VA) a estimé que la Commission doit davantage prendre en considération la densité de population d'un pays plutôt que le nombre d'habitants pour établir ses quotas. En vertu des critères retenus, la Belgique est appelée à accueillir 2,91% des demandeurs d'asile répartis.

L'Espagne fait partie des pays également réticents sur les critères. Les pays baltes, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque font aussi partie des opposants à ce système de 'quotas', tout comme le Royaume-Uni, qui a lui toutefois le droit, comme l'Irlande et le Danemark, de ne pas participer aux dispositifs. (Solenn Paulic)

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