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Bulletin Quotidien Europe N° 11310
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) maroc

Le dossier de la tomate refait surface

Bruxelles, 07/05/2015 (Agence Europe) - « On reparle de la tomate marocaine », confirme-t-on à Rabat, à la délégation européenne. On y note un retour du sujet dans l'actualité, alors qu'il a été normalement réglé en 2012 par la signature d'un « accord agricole révisé ».

L'inquiétude est de nouveau exprimée, non sans polémique, par les producteurs européens, essentiellement espagnols. Ceux-ci constatent, disent-ils, « l'échec » de cet accord et affirment se retrouver en situation de concurrence accrue dont il résulte une baisse de 15% de leurs revenus.

Dans une démarche, mercredi 6 mai, auprès du ministre espagnol de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l'Environnement, la Fédération espagnole des fruits et légumes (Fepex), les coopérative agro-alimentaires et organisations agricoles ASAJA, COAG et l'UPA ont, selon les médias spécialisés espagnols, « mis en garde contre la perte de rentabilité » dues aux ventes marocaines et aussi au contexte d'embargo russe. Les prix pratiqués sont « trop bas », estiment ces organisations. Le Parlement espagnol se serait déjà saisi du sujet et une réunion a déjà eu lieu il y a près de deux semaines à Bruxelles entre l'UE et le Maroc pour un examen de la situation.

L'analyse faite par l'UE, selon Marta Moya Diaz, chargée du dossier à Rabat, est qu'il y a eu effectivement « une augmentation de 21,5% par rapport à l'année précédente » des ventes agricoles marocaines. Elle note que, « depuis 2012 (date d'entrée en vigueur de l'accord agricole révisé) et malgré la problématique rencontrée l'année dernière concernant le nouveau système de dédouanement, les échanges agricoles et agro-alimentaires entre l'UE et le Maroc ont continué d'augmenter, totalisant 2,8 milliards d'euros en 2014 ». Une expansion que favorisera aussi, dit-elle, « l'accord bilatéral commercial agricole (qui) prévoit des dispositions pour un accord de protection mutuelle des indications géographiques (IG) ». Il « permettra une valorisation de la production et une amélioration de la qualité au Maroc, et d'assurer la protection des IG marocaines dans l'UE (par exemple l'huile d'argan ou la clémentine de Berkane) et, réciproquement, la protection des dénominations de l'UE au Maroc ». Il s'agit d'un « accord évolutif, avec des mécanismes de mise à jour régulière ». L'accord n'est pas encore en vigueur. Il est « maintenant soumis au service juridique » avant d'être ratifié sur le plan législatif, précise Mme Diaz.

Selon elle, nulle ombre au tableau: « l'UE continue de soutenir le Maroc dans le développement de son secteur agricole notamment avec un programme qui vient en appui du Plan Maroc Vert ». (Fathi B'Chir)

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