Bruxelles, 07/05/2015 (Agence Europe) - Le ministre français des Finances, Michel Sapin, mise sur une reconduction de son homologue néerlandais, Jeroen Dijsselbloem, à la tête de l'Eurogroupe.
« M. Dijsselbloem est un excellent président de l'Eurogroupe », a déclaré M. Sapin, jeudi 7 mai à Bruxelles. L'entente sociale-démocrate prévaut donc entre la France et les Pays-Bas.
Sortie des difficultés financières, l'Espagne, qui a reçu en son temps le soutien de l'Allemagne, milite depuis longtemps pour occuper un tel poste (EUROPE 11279). Elle met en avant une bonne santé économique retrouvée: la croissance en 2015 devrait atteindre 2,8% du PIB, selon la Commission européenne, malgré un chômage qui toucherait encore 22,4% de la population active et une dette publique qui va dépasser le seuil symbolique de 100% du PIB cette année. Or, des élections législatives auront lieu en Espagne à l'automne et l'incertitude plane sur la reconduction d'un gouvernement piloté par les chrétiens-démocrates.
Début mars, M. Dijsselbloem avait indiqué qu'il aimerait rester à son poste après l'expiration, en juin, de son mandat actuel (EUROPE 11270). L'une des possibilités pour une alternance à la présidence de l'Eurogroupe consisterait à rendre la fonction pérenne à la faveur d'une réforme de la gouvernance de l'Union économique et monétaire (UEM). En clair, le président de la réunion informelle des ministres des Finances des pays de l'Eurozone ne serait plus ministre en poste. Une telle évolution permettrait à cette personnalité de s'impliquer à temps plein dans le dossier grec. (Mathieu Bion)