Bruxelles, 01/04/2015 (Agence Europe) - La présidente du comité unique de supervision au sein de la BCE, Danièle Nouy, est d'avis que l'exposition des banques européennes au risque souverain ne devrait pas être considérée comme dénuée de risque.
« Ce qui est important, c'est de reconnaître que la dette souveraine n'est pas sans risque. Si cela pouvait être traduit clairement dans les règles, cela enverrait un signal fort », a déclaré Mme Nouy dans une interview au quotidien allemand Handelsblatt. Constatant que les crises financières et de la dette souveraine dans l'eurozone avaient montré que l'exposition des banques aux dettes publiques comportait un risque réel, elle a préconisé que les banques garantissent par du « capital » leurs investissements dans les titres souverains, de la même façon qu'elles doivent limiter leur exposition aux grandes contreparties à un quart de leur capital. « Puisque la zone euro comporte 19 pays membres, les banques ont suffisamment de possibilités pour diversifier leurs portefeuilles de dette souveraine », a encore estimé M. Nouy.
En septembre 2013, le président de la Bundesbank avait déjà soulevé le problème de l'exposition des banques au risque souverain. Début mars, le Comité européen du risque systémique (ESRB) avait publié un rapport estimant que le cadre réglementaire en vigueur dans ce domaine, parce qu'il a conduit à des investissements « excessifs » par les institutions financières des secteurs bancaire et assurantiel, devait être réexaminé au niveau international et malgré la difficulté de le réformer sans générer « une instabilité potentielle sur les marchés de la dette souveraine ». (Mathieu Bion)