Bruxelles, 01/04/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne a une nouvelle fois appelé, mardi 31 mars, l'Ouzbékistan à mettre pleinement en oeuvre les recommandations « importantes » pour les élections faites par le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme de l'OSCE, après les élections présidentielles du 29 mars. Le président, Islam Karimov, qui dirige le pays depuis 1989, a été réélu pour un quatrième mandat de cinq ans avec plus de 90% des voix. Le taux de participation serait supérieur à 91%.
Précisant avoir suivi ces élections, y compris la phase pré-électorale, la campagne et le niveau d'engagement des partis politiques et des citoyens, l'UE a expliqué, dans un communiqué, qu'elle prenait note des résultats et conclusions préliminaires de la mission d'observation limitée de l'OSCE/BIDDH, « y compris sur les aspects importants du processus électoral qui n'étaient pas en conformité avec les dispositions légales relatives aux élections ou avec les engagements de l'Ouzbékistan avec l'OSCE et d'autres obligations internationales ». « Il est regrettable que les recommandations antérieures du BIDDH n'aient été que partiellement mises en oeuvre par les autorités ouzbèkes », a ajouté l'UE.
Tout en reconnaissant la volonté des autorités ouzbèkes d'avoir une grande présence d'observateurs nationaux et internationaux, l'UE a invité ces autorités à lutter efficacement contre les restrictions et les irrégularités relevées dans la déclaration préliminaire, « en particulier en ce qui concerne les libertés fondamentales d'association et d'expression ». Plus de 300 observateurs internationaux ont été accrédités. L'UE est prête à aider l'Ouzbékistan dans ses efforts pour mettre son processus électoral en conformité avec les engagements de l'OSCE et d'autres normes internationales pour des élections démocratiques, a précisé le porte-parole.
Dans son rapport préliminaire, l'OSCE a souligné, entre autres, que la figure du président en exercice avait dominé le paysage politique et médiatique, sans véritable opposition. Les lacunes juridiques et organisationnelles persistantes du processus électoral sont restées sans réponse, a ajouté l'organisme, qui a aussi expliqué que les libertés fondamentales d'association et d'expression étaient réduites. (Camille-Cerise Gessant)