Bruxelles, 31/03/2015 (Agence Europe) - Le seul moyen pour l'Union européenne de renouer avec une croissance durable est de poursuivre les réformes structurelles, estime l'OCDE.
« Les réformes structurelles, c'est la seule issue. Tout le reste a été épuisé », a déclaré le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, en évoquant les taux d'intérêt actuellement très faibles et le fort endettement public qui prohibe toute politique de relance budgétaire, mardi 31 mars, lors d'un dialogue économique avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Avec le lancement du 'quantitative easing' (QE) par la BCE, « la politique monétaire permet d'acheter du temps, mais seuls les gouvernements peuvent accomplir les réformes structurelles de nature à stimuler la croissance », a-t-il ajouté. Et de prévenir: « Une faible croissance, des inégalités croissantes et le chômage élevé des jeunes aboutissent à une grande érosion de la confiance dans les institutions ».
Selon l'OCDE, la priorité des politiques économiques des États membres doit donc être de stimuler la croissance dans les secteurs d'avenir tels que le numérique et l'énergie. Cela via l'investissement dans « l'éducation et l'innovation » et à travers le plan 'Juncker' censé attirer 315 milliards d'euros d'investissements privés supplémentaires d'ici à 3 ans. Ce plan est bienvenu, mais « il ne réglera pas tous les problèmes de l'Europe » et il doit s'accompagner d'une levée des « barrières réglementaires », a estimé M. Gurría. Mais aussi via le volet réglementaire pour libéraliser davantage l'économie et transférer la charge fiscale du travail vers la consommation et les produits/services portant atteinte à l'environnement. « La directive 'services' a apporté peu de résultats à ce stade », a aussi noté l'ex-ministre mexicain des Finances.
À Marian Harkin (ADLE, irlandaise) qui l'interrogeait sur la façon de lutter contre la pauvreté au travail qui touche 9% des travailleurs irlandais, le secrétaire général de l'OCDE a vu dans l'Irlande un bon exemple d'économie ayant retrouvé une forte croissance après avoir appliqué un programme d'ajustement dans le cadre de son sauvetage financier. Il a loué les performances de l'Espagne qui a créé 430 000 nouveaux emplois en 2014 grâce à une profonde réforme du marché du travail. Il a aussi salué le courage du gouvernement italien pour avoir fait adopter le 'Jobs Act'.
Quant à la réforme de la structure du secteur bancaire, M. Gurría a appuyé les travaux menant à une séparation des activités bancaires d'investissement et de détail afin de mieux protéger les déposants en cas de lourdes pertes sur les activités de marché. Oui à « la séparation du moment qu'elle favorise la transparence et accroît la clarté des bilans bancaires », a-t-il indiqué. (Mathieu Bion)