Bruxelles, 31/03/2015 (Agence Europe) - Avant l'expiration du paquet hivernal pour l'approvisionnement de l'Ukraine en gaz russe, mardi 31 mars, le gazier russe Gazprom a proposé au gouvernement russe, lundi 30 mars, de prolonger cet accord de trois mois, pour éviter une rupture des fournitures.
Gazprom a demandé aux autorités russes d'envisager l'octroi d'une réduction du prix sur le gaz fourni à l'Ukraine pour un délai de trois mois, a indiqué à la télévision russe le patron du gazier russe, Alexei Miller, jugeant ce délai « optimal » en raison de l'arrivée de la saison estivale et de l'évolution actuelle des prix. M. Miller a aussi rappelé que l'octroi d'une baisse des prix sans changer le contrat signé en 2009 relevait de la compétence exclusive du gouvernement russe.
Le gazier ukrainien Naftogaz avait indiqué plus tôt dans la journée avoir proposé à Gazprom de prolonger jusqu'au printemps 2016 cet accord conclu avec la médiation de la Commission, en octobre 2014, et qui prévoit une réduction d'environ 20% du prix du gaz russe fourni à l'Ukraine.
Sous la médiation du vice-président de la Commission en charge de l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, le ministre russe de l'Énergie, Alexander Novak, et le ministre ukrainien de l'Énergie, Volodymyr Demchyshyn, se sont entendus, le 20 mars, sur l'ordre du jour des pourparlers pour un nouvel arrangement pour les fournitures de gaz russe à l'Ukraine. Une nouvelle réunion doit avoir lieu d'ici la fin avril.
Les trois parties se sont entendues sur trois points: la Russie doit examiner la possibilité d'accorder à l'Ukraine un rabais sur ses livraisons de gaz ; l'Ukraine doit veiller à constituer des réserves suffisantes pour assurer le transit par son territoire du gaz russe destiné à l'Europe ; la Commission doit examiner comment aider l'Ukraine à trouver le soutien financier adéquat pour acheter du gaz. Un groupe conjoint d'experts présentera une proposition à la prochaine réunion ministérielle trilatérale.
La Commission veut parvenir à un accord, en juin au plus tard, pour que l'Ukraine soit en mesure de reconstituer d'ici l'hiver prochain ses réserves de gaz, qui devraient tomber à 6,5 milliards de m3 en avril, et dont le niveau requis pour assurer le transit continu du gaz russe destiné à l'UE est de 20 milliards de m3. Un impératif, puisque près de la moitié du gaz russe consommé en Europe transite par l'Ukraine. D'ici là, après l'expiration du paquet hivernal, l'approvisionnement gazier de l'Ukraine peut être assuré grâce aux flux inversés dans les gazoducs qui la relient à la Slovaquie, la Pologne et la Hongrie.
L'UE veut aussi obtenir de la Russie et de l'Ukraine un accord pérenne jusqu'à fin 2016, date à laquelle se prononcera le tribunal international d'arbitrage de Stockholm, saisi par les deux parties pour régler leur vieux différend sur les arriérés de paiement de Naftogaz à l'égard de Gazprom. (Emmanuel Hagry)