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Bulletin Quotidien Europe N° 11286
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Ensemble face à la conjonction de nombreux défis (M. Tusk)

Bruxelles, 31/03/2015 (Agence Europe) - Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a entamé, lundi 30 mars, une tournée dans trois pays de la Méditerranée, deux de la rive nord, Malte et l'Espagne, deux États membres, et, mardi après-midi, en Tunisie, où il devait, en même temps que rendre hommage aux victimes de l'attentat du musée du Bardo, évoquer le désir de relance de la politique méridionale européenne.

Les pays des deux rives de la Méditerranée ont le sentiment d'être délaissés au profit d'une dimension septentrionale renforcée par la focalisation sur les défis du voisinage à l'est, résultant en particulier de la crise ukrainienne. Mariano Rajoy, Premier ministre espagnol, s'est réjoui de la visite de M. Tusk: « C'est une bonne nouvelle que le président du Conseil européen s'implique dans la dimension méridionale de la politique du voisinage qui est d'importance stratégique pour l'Espagne », qui est, « par tradition, un des principaux acteurs dans ce domaine ». Il est, a-t-il dit, fondamental que l'Europe contribue à la mise sur pied d'un espace de prospérité de part et d'autre de la Méditerranée.

À Madrid comme à La Valette, le président Tusk a confirmé le sentiment que les défis en Méditerranée forment un tout: crises politiques, comme en Libye principalement; menaces sécuritaires, flux incontrôlables de migrants clandestins, plus les aspects économiques contre lesquels les Méditerranéens, dans leur ensemble, perçoivent la mobilisation des ressources budgétaires européennes comme étant plus faible: « Ce n'est qu'ensemble que nous pouvons nous attaquer aux racines de l'instabilité », a écrit dans un tweet, pour rassurer, M. Tusk. « Nous avons besoin d'une forte réponse européenne pour la région méditerranéenne », souligne-t-il. « Cette tournée est importante pour moi en tant que président du Conseil européen, mon but est de construire une réponse européenne unie face à l'instabilité dans la région ». Il n'évoque cependant pas le conflit au Moyen-Orient dont l'influence a toujours pesé et pèsera encore sur le cours de la politique euro-méditerranéenne. La nature du gouvernement dont va se doter Israël (avec ou sans Avigdor Lieberman comme ministre des Affaires étrangères notamment) sera déterminante et pourrait ruiner les efforts en cours, estiment les spécialistes du dossier.

M. Tusk a répété après sa rencontre avec le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, que « seule une UE unie peut gérer les conséquences de l'instabilité, comme la migration irrégulière et le terrorisme. C'est pourquoi j'ai décidé de mettre ces problèmes à l'ordre du jour du Conseil européen et d'en discuter avec les dirigeants de l'UE. Nous devons y réfléchir à nouveau ».

Cet appel à réorienter cette politique du voisinage sera discuté le 13 avril à Barcelone, au cours d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de la rive sud. « Il faut trouver de nouvelles solutions, créatives et ne pas s'en tenir à de vieilles idées », a dit M. Tusk.

À Madrid, mardi matin, il a redit son message en faveur d'une revigoration de la politique méditerranéenne et a rendu hommage à l'Espagne qualifiée de « partenaire important dans la Méditerranée ». M. Rajoy a estimé que l'Europe ne peut pas rester les bras croisés face aux inégalités entre les deux rives et contre le terrorisme. « Il faut travailler avec les pays arabes et musulmans qui souffrent dans leur chair du terrorisme. Ce n'est pas une lutte contre l'Islam et le Christianisme mais entre la civilisation et la barbarie ».

M. Tusk a été informé par M. Rajoy des préparatifs de la conférence (informelle et hors cadre UpM, Union pour la Méditerranée) du 13 avril, si elle a lieu. Ce sera « une occasion importante pour les États membres de l'UE et nos partenaires du Sud de discuter des défis communs, mais aussi des opportunités communes », a déclaré M. Tusk. (Fathi B'Chir)

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