*** ALEKSANDAR JAKIR, MARCO TROGRLIC (sous la dir. de): Klerus und Nation in Südosteuropa vom 19. bis zum 21. Jahrhundert. Peter Lang (1 Moosstrasse, P.O. Box 350, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection "Schriftenreihe der Kommission für südosteuropäische Geschichte". 2014, 269 p., 56,95 €. ISBN 978-3-631-92876-8.
Ce recueil d'articles écrits en allemand, en anglais et en italien reprend des exposés présentés lors du congrès Pro Oriente tenu à Split en mai 2012 en vue de tenter de mettre en lumière les liens entre clergé et identité nationale dans les pays d'Europe du Sud-Est. Les différentes contributions, qui n'ont aucune prétention à l'exhaustivité, se rapportent à différentes périodes de l'histoire principalement contemporaine lors desquelles le clergé (catholique, orthodoxe ou musulman) a été considéré le plus souvent comme un acteur politique actif.
Un thème récurrent est la contribution de l'autorité cléricale à la construction de l'identité nationale et à l'émancipation nationale, comme dans les contributions sur les Croates de Bosnie-Herzégovine, la Slovaquie, la Slovénie et la Grèce. Le dernier article soulève également la question des liens complexes et étroits entre clergé et État grec, en soulignant bien le caractère ancien et persistant de cette problématique mise en lumière par l'actualité récente. Ales Maver montre, lui, comment le clergé catholique slovène a contribué à la formation de l'identité nationale sur les deux derniers siècles, en dépit de ses scissions internes. Luboslav Hromjak, en traitant du rôle du clergé catholique dans l'édification de la nation slovaque, choisit une perspective longue - il remonte au Moyen-âge - et souligne l'influence des jésuites avant la Révolution française dans la conservation de la mémoire nationale et leur travail de conservation de la langue slovaque. A l'époque contemporaine, la lutte des Slovaques pour la reconnaissance dans le cadre de l'empire d'Autriche et les liens entre nationalisme slovaque et tchèque dans un contexte de domination hongroise - après 1867 notamment - sont retracés en détail. Il est seulement dommage que l'auteur soit trop rapide sur le rôle du clergé au XXème siècle, la période après 1945 n'étant pas traitée et celle de 1900 à 1939 l'étant trop rapidement. D'autres contributions traitent de questions plus ponctuelles géographiquement, telle celle relative à la position du Saint-Siège par rapport à la situation nationale à Fiume dans l'immédiat après Première Guerre mondiale ou celle sur les conséquences de la nomination par l'empereur d'Autriche-Hongrie François-Joseph, en 1891, du nouvel archevêque de Dalmatie, Mgr Rajcevic, et sur les répercussions dans les relations entre Italiens et Croates en Dalmatie. Cet événement est replacé dans son contexte géopolitique, avec notamment l'influence du mouvement panslaviste auquel le pape Léon XIII était favorable, mais aussi celle du mouvement national pan-hongrois et la crainte consécutive des Italiens de la région de se retrouver débordés. D'autres auteurs évoquent la position du clergé sur des questions de fond, comme l'article sur le clergé catholique croate par rapport à la guerre en ex-Yougoslavie (1991-1995) et ses prises de position politique. Dans sa contribution sur le Parti populaire italien, Stefano Trinchese fait la lumière sur la genèse de ce parti à partir du milieu du XIXème siècle, dans le contexte de la lutte de la papauté contre l'État italien qui occupe alors le Vatican, et sur sa courte existence (1919 - 1926).
D'une manière générale, l'intérêt de ce recueil est d'aborder les rapports des clergés des trois grandes religions présentes dans la région: le catholicisme, l'orthodoxie, mais aussi l'islam, comme dans l'article sur la position des oulémas bosniaques par rapport à la question nationale et aux autres ethnies au sein du Royaume de Yougoslavie entre les deux guerres, contribution qui aborde la question de la compatibilité entre islam et yougoslavisme, les relations des musulmans de Bosnie avec les autres ethnies yougoslaves, avant de mettre en avant les problèmes concrets rencontrés par cette communauté. La période de l'entre-deux guerres est aussi le cadre de l'article d'Oliver Schmitt sur le clergé orthodoxe roumain et ses relations avec les mouvements d'extrême-droite dans le contexte de la Grande Roumanie. Cet auteur évoque le rapport entre clergé et nation en Roumanie d'une manière générale et celui entre identité religieuse et identité nationale, montrant bien sûr la compromission du clergé roumain avec des mouvements fascisants, même si les relations avec d'autres formations politiques et religieuses sont aussi traitées. Un recueil d'un intérêt certain qui apporte nombre de réponses à des questions non seulement historiques, mais ayant profondément marqué les pays concernés et manifestant leurs répercussions jusqu'à aujourd'hui.
Guillaume Lelorain
*** NAPOLEON MARAVEYIAS: La promesse… de développement. 100 documents de travail. Éditions Papazisi (2 Nikitara, GR-10678 Athènes. Tél.: (30-210) 3822496 - fax: 3809020 - Courriel: papazisi@otenet.gr - Internet: http://www.papazisi.gr ). 2015, 315 p., 14 €. ISBN 978-960-02-3092-5.
Dans ce livre, Napoleon Maraveyias apporte des réponses à de très nombreuses questions fondamentales qui tourmentent les citoyens grecs depuis que la crise s'est abattue cruellement sur leur pays. Qui blâmer ? Quels sont les vrais responsables ? Que faut-il faire pour enfin garantir le développement ? Quel est le rôle assigné à l'éducation à cette fin ? Quelles sont les possibilités qui s'offrent au pays dans le cadre européen ? Celui-ci n'agit-il pas plutôt comme un corset inadapté ? Existe-t-il une solution en dehors de l'euro ? Pourquoi est-il si difficile de s'attaquer au phénomène de la fraude ? Pourquoi les réformes mises en oeuvre portent-elles si lentement des fruits ? Quelle est l'ampleur exacte du fléau de la pauvreté en Grèce ? Pourquoi est si important, aux yeux de certains Grecs, de modifier la politique économique européenne ? D'ailleurs, quel est l'avenir de l'Union européenne ? Sur quelles bases tenter un nouveau départ sur des bases solides ? De quelle manière améliorer nos institutions en vue de bâtir un État moderne capable de faire reculer la corruption et de donner aux jeunes un esprit d'innovation ? A toutes ces questions et à bien d'autres encore, un professeur enseignant l'analyse macroéconomique et l'intégration économique européenne à l'Université d'Athènes apporte des éléments de réponse adaptables à l'ère actuelle. Il y présente aussi de nombreux chiffres sur la crise actuelle en Grèce ces cinq dernières années dans plusieurs domaines (taux de chômage, pauvreté, baisse du Produit intérieur brut, importations et exportations, immigration…) et une grande bibliographie sur les institutions européennes.
(AKa)
*** CHARIDIMOS TSOUKAS: La tragédie des biens communs. La vilaine politique, les institutions d'amortissement et la faillite. Éditions Ikaros (4 rue Voulis, GR-10562 Athènes. Tél.: (30-210) 3225152 - fax: 3235262 - Courriel: info@ikarosbooks.gr). 2015, 460 p., 15,50 €. ISBN 978-960-572-054-4.
« Lorsque les enfants d'aujourd'hui nous demanderont demain pourquoi il y a eu faillite du pays, nous devrons, si nous sommes honnêtes, leur répondre ceci, en baissant les yeux de honte: la Grèce était en faillite parce qu'on ne se souciait que de notre parti et non du pays ! » D'après Charidimos Tsoukas, professeur de gestion stratégique et d'études organisationnelles à l'Université de Chypre et à l'Université de Warwick, voilà bien ce qu'est la « tragédie des biens communs »: dans un système avec des institutions tordues, l'échec collectif se produit quand les gens - en particulier ceux qui occupent des postes de leadership - et les groupes organisés - en particulier les partis clientélistes, un monde des affaires replié sur lui-même et des syndicats prédateurs - en arrivent à imposer la défense exclusive de leurs intérêts égoïstes. La faillite est le résultat de la combinaison extrêmement douloureuse des vices politiques, de l'obsolescence des institutions et de l'incapacité des dirigeants. Cet ouvrage constitue essentiellement une chronologie de la plongée de la Grèce vers la faillite. Les articles que l'auteur a réunis, parus d'abord dans des quotidiens grecs entre 2007 et 2014, permettent d'examiner les processus politico-institutionnels et les décisions qui ont généré la crise généralisée que la Grèce vit. Ils sont à méditer par ceux qui entendent corriger le tir.
(AKa)
*** MICHAL GLOWACKI, EPP LAUK, AUKSE BALCYTIENE (sous la dir. de): Journalism that Matters. Views from Central and Eastern Europe. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Studies in Communication and Politics », n° 2. 2014, 214 p., 39,95 €. ISBN 978-3-631-65421-7.
Quelles sont les caractéristiques spécifiques des cultures journalistiques qui prévalent dans les pays d'Europe centrale et orientale ? Quelles sont les facteurs internes et externes qui ont la plus grande influence sur leurs évolutions ? Ces cultures journalistiques sont-elles réellement différentes de celles que l'on connaît en Europe occidentale et, dans l'affirmative, pour quelles raisons le sont-elles ? C'est à ces questions et à bien d'autres encore que les experts réunis dans ces pages apportent des réponses scientifiques à la lumière de la situation qui prévaut, entre autres, en Pologne, en Moldavie et Roumanie, en Bulgarie, en Estonie et en Finlande, mais aussi en Serbie et en Russie. Prenant en compte les contextes historiques et culturels, ainsi que les évolutions observées depuis la chute du rideau de fer et la fin de la mainmise soviétique, les auteurs mettent en lumière, selon les coordinateurs du livre, que la région reste symboliquement « l'épicentre » de tensions géopolitiques où se conjuguent « provocations, désinformation et propagande ». Et Michal Glowacki (Université de Varsovie), Epp Lauk (Université de Jyväskylä en Finlande) et Auksé Balcytiené (Université Vytautas Magnus en Lituanie) d'inviter à regarder cette réalité en face: « l'heure de vérité » a désormais sonné pour une Europe centrale et orientale d'après-guerre qui passe actuellement, sur le plan de l'information, le « test décisif de son émancipation politique ».
(MT)
*** MARIA ORISKOVA (sous la dir. de): Curating « Eastern Europe » and Beyond. Art Histories through the Exhibition. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Spectrum Slovakia Series, n° 4. 2014, 205 p., 57,95 €, ISBN 978-3-631-64218-4.
Cet ouvrage est consacré à l'influence des expositions sur l'histoire de l'art de l'Europe de l'Est après 1989. Professeur à l'Académie des Beaux-Arts et du Design à Bratislava, Maria Oriskova y a réuni quinze textes qui portent sur différents types, formats et genres d'expositions dans diverses institutions et lieux en Europe, mais également en dehors du Vieux Continent, le but étant d'aller au-delà du cadre géopolitique est-européen. Le fil conducteur est la reconfiguration contemporaine de l'histoire des oeuvres d'art à travers de nouveaux genres, formats, pratiques de conservation et stratégies. Les auteurs des différentes communications étudient des thématiques comme la définition du musée d'art contemporain, la communication non-verbale des expositions ou encore, notamment, la façon dont les musées d'Europe de l'Est exposent leurs collections d'art contemporain.
(HHe)
*** WOLFGANG SCHNEIDER, DANIEL GAD (sous la dir. de): Good Governance for Cultural policy. An African-European Research about Arts and Development. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Cultural Policy », n° 16. 2014, 296 p., 29,95 €. ISBN 978-3-631-65019-6.
Dès la préface, Wolfgang Schneider, fondateur et directeur du Département de politiques culturelles à l'Université d'Hildesheim en Allemagne, le précise: « La culture est vue comme une source de développement de la société ». Dès lors, à ses yeux, la tâche de la politique culturelle gouvernementale est de créer et de soutenir des structures qui mobilisent la créativité de la population et qui assurent le bien-être, l'innovation et la pluralité. En partant de ce constat, il a décidé avec Daniel Gad de clarifier l'état de l'art de la théorie et de la pratique des concepts de bonne gouvernance et de politiques culturelles. Dans cet ouvrage collectif sont ainsi comparées les politiques culturelles de l'Afrique du Nord et du Sud avec celles de l'Allemagne et de la France. Les 18 contributions qui y figurent sont divisées en deux parties: dans la première, la diversité culturelle se voit envisagée comme perspective pour la participation, tandis que la deuxième appréhende les politiques culturelles comme un instrument de transformation.
(HHe)
*** KATHRIN-LENA KRIESEL: Einheitlicher europäischer Werkbegriff und Herabsenkung der Anforderungen an die Gestaltungshöhe bei Werken der angewandten Kunst. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "Schriftenreihe zum Urheber- und Kunstrecht". 2014, 211 p., 54,95 €. ISBN 978-3-631-65348-7.
Kathrin-Lena Kriesel traite dans cette thèse de la question de savoir si, dans le cadre du processus de protection des droits d'auteur pour les oeuvres d'art appliqué, un degré d'originalité supérieur est requis par rapport à la même procédure pour d'autres formes d'art. Suite à un examen des différentes normes juridiques européennes en la matière, l'auteure montre que ce n'est pas le cas en s'appuyant notamment, pour ce faire, sur une jurisprudence de la Communauté européenne des droits de l'homme de 2009 qui a défini un concept unifié d'oeuvre à l'échelle européenne. Elle salue cette évolution qui s'accompagnera, selon elle, d'une plus grande créativité dans les arts appliqués et en déduit que la position de la législation allemande en la matière, exigeant un degré d'originalité supérieur pour la création d'oeuvres d'art appliqué par rapport aux autres branches de l'art, sera intenable à terme.
(GLe)
*** Revue des deux mondes. Société de la Revue des deux mondes (97 rue de Lille, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 47536194 - fax: 47536199 - Courriel: revuedesdeuxmondes@gmail.com - Internet: http://www.revuedesdeuxmondes.com ). Mars 2015, 176 p., 15 €. Abonnement: 75,50 € (France), 110,50 € (étranger).
Cette prestigieuse revue française offre, dans ce numéro, un entretien avec Marc Fumaroli qui, dans un « plaidoyer pour les lettres » à travers une réappropriation de la République des lettres, invite l'Europe à redécouvrir les vertus des disciplines humanistes. Pour sa part, Michel Onfray plaide « pour une sagesse sans Dieu ». A noter aussi un dossier très complet consacré aux nouvelles dynasties aristocratiques américaines.
(MT)