Bruxelles, 27/03/2015 (Agence Europe) - Des sources européennes ont affirmé, vendredi 27 mars, que l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) examinait des possibles modifications des règles de sécurité aérienne, suite au crash de l'Airbus de Germanwings survenu mardi 24 mars dans le sud de la France (EUROPE 11281).
« Au moment où nous parlons, il y a un travail et une réflexion qui sont en cours. Nous sommes en train de mener des consultations avec les États membres et l'industrie », ont indiqué ces sources. Elles ont précisé que parmi les principaux sujets abordés se trouvaient les modalités d'accès au cockpit et le nombre de membres qui doivent y être présents durant le vol - des questions brûlantes car le copilote de l'Airbus se serait enfermé seul dans la cabine et aurait volontairement écrasé l'avion. À la suite de l'attentat du 11 septembre 2001, en effet, la porte de la cabine doit être blindée et verrouillable de l'intérieur. L'AESA considère qu'il s'agit d'une disposition positive, puisqu'elle a fait diminuer le nombre d'accidents causés par des intrusions dans le cockpit de personnes non autorisées. En revanche, aucune règle européenne n'empêche que le pilote ou le copilote soit seul dans la cabine. Sur ce point, l'AESA a toutefois publié une recommandation « temporaire », vendredi 27 mars en fin d'après-midi, demandant à toutes les compagnies aériennes d'avoir au moins deux membres d'équipage présents dans la cabine en permanence.
Selon les sources citées, il n'y a pas non plus de règle interdisant aux personnes ayant fait une dépression de devenir pilote: il suffit simplement d'obtenir un certificat reconnaissant la bonne santé physique et mentale.
Les sources en question ont prévenu que, quelles que soient les conclusions de l'AESA, elle ne pourra en faire état que sous forme de recommandation. Mais elle espère que la « renommée mondiale de cette agence en matière de sécurité » permettra de transformer ces recommandations en réglementations. Aucune indication temporelle n'a été donnée: « Nous agirons quand ce que nous devons faire sera clair. »
Du côté du Parlement européen, l'Allemand Manfred Weber, président du groupe PPE, a demandé « une règle technique imposant la présence constante de deux personnes à l'intérieur de la cabine de pilotage », par l'intermédiaire de l'OACI.
Par ailleurs, l'Association européenne du personnel navigant technique (European Cockpit Association, ou ECA) a déclaré être « profondément perturbée » par les dernières révélations de l'enquête. Ses membres se disent déterminés à travailler pour rendre « l'acte de voler plus sûr qu'il ne l'a jamais été ». (Jean Comte)