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Bulletin Quotidien Europe N° 11284
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Europe, Russie, bombe atomique

Suppression progressive de l'arme atomique. Les pays qui possèdent et maîtrisent l'arme nucléaire sont de plus en plus coordonnés entre eux et appliquent des règles qu'ils se sont eux-mêmes données, avec en tête la réduction progressive de cet arsenal. L'existence même de l'humanité est en jeu. Les cinq pays qui la possèdent (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine) sont de plus en plus orientés vers son élimination pure et simple. Depuis le début de l'année 2011, les États-Unis et la Russie ont défini, par le traité bilatéral START, le rythme de la réduction de leurs armements nucléaires, qui sont de loin les plus puissants du monde. L'année dernière, les Américains avaient indiqué en détails leur programme de démantèlement progressif du nombre de leurs têtes nucléaires et de leurs lanceurs d'ici 2018.

Ce programme d'élimination présuppose, c'est évident, qu'aucun pays tiers ne se dote de la même arme. C'est en particulier l'objet des négociations sans fin avec l'Iran.

Rappel historique. On ne doit pas oublier que la découverte de la possibilité de construire des armes nucléaires avait précédé largement la dernière guerre mondiale. Les plus grands génies de la physique avaient compris que leurs découvertes pouvaient être exploitées militairement. Mais ils souhaitaient empêcher que leurs découvertes ne soient utilisées en guerre, pour rendre impossible que l'arme maudite dont ils avaient compris l'existence théorique puisse exister dans la réalité.

Le cas de l'Italien Ettore Majorana avait été le plus évident et, d'un certain point de vue, le plus spectaculaire ; ayant compris, bien avant la 2ème Guerre mondiale (il est décédé probablement en 1938), les effets possibles de la fusion nucléaire, il avait refusé de poursuivre ses études et avait disparu pour toujours. S'était-il jeté dans la mer pendant son dernier voyage dans le sud de l'Italie, ainsi qu'il a voulu lui-même le faire croire ? Ou s'était-il retiré dans un couvent ? On l'ignore. Ce qui est certain c'est qu'il avait voulu disparaître, après avoir discuté longuement en Allemagne avec Werner Karl Heisenberg de leurs découvertes. Heisenberg avait évité d'en informer Hitler, en préférant poursuivre ses travaux et études aux États-Unis, sans prévoir qu'en définitive le président américain Truman utiliserait la bombe atomique pour anéantir le Japon.

Exigences actuelles. Ce résumé est bien évidemment loin d'être historiquement exhaustif ; mon objectif est de souligner l'exigence absolue d'empêcher que l'arme nucléaire soit un jour maîtrisée par, à titre d'exemple, les ignobles monstres de Daesh, dont le seul objectif est de s'enrichir via pétrole, enlèvements, rançons et massacres. Je reviendrai sur la grandeur de la civilisation musulmane d'autrefois, ses connaissances et découvertes, son ouverture d'esprit.

La fermeté des négociations avec Téhéran pour empêcher que l'Iran ne possède l'arme nucléaire ne doit pas faiblir. Y participent, on le sait, les pays de l'UE qui la possèdent, avec les États-Unis, la Russie et aussi l'Allemagne (P5+1). D'ailleurs, les coopérations Russie/États-Unis restent nombreuses, par exemple dans la conquête de l'espace.

Encouragement significatif à la coopération UE-Russie. La perspective de mettre fin aux sanctions européennes et aux représailles russes progresse.

Vendredi 20 mars avait été organisé à Bruxelles, par le German Marshall Fund of the United States, un débat sur les relations entre Russie, Europe et USA, avec la participation de Mme Mogherini, de M. Stoltenberg et de hauts responsables russes et américains. Notre publication EDD en a amplement résumé le déroulement. Les prises de position favorables à la relance de la confiance et de la coopération ont été nombreuses. Mme Mogherini, Haute Représentante de l'UE pour la Politique étrangère, a affirmé qu'aujourd'hui il faut, avant tout, coopérer avec Moscou, car la Russie est un partenaire essentiel dans des domaines importants pour l'Europe, et qu'en outre « nous partageons avec la Russie des menaces de sécurité comme celles liées au terrorisme, à la déstabilisation autour de la Méditerranée, au Moyen-Orient, à l'Afghanistan ».

Certes, d'autres interventions dans le débat ont été plus prudentes, parfois même méfiantes ; les critiques à la Russie n'ont pas manqué et Victoria Nuland, sous-secrétaire d'État américaine à l'Europe et à l'Eurasie, a souligné que le retour de la confiance avec Moscou est encore difficile. Au nom de la Russie, M. Konstantin Kosachev a surtout critiqué l'attitude de l'OTAN, en affirmant: « La Russie va de toute manière survivre, que les sanctions à son égard soient prolongées ou pas. » Les divergences sur l'OTAN ne sont pas près de disparaître…

Dommage que Russes et Américains mettent encore trop l'accent sur les divergences. Il faut espérer que l'avenir soit davantage représenté par l'attitude de Mme Mogherini. (FR)

 

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