Bruxelles, 27/03/2015 (Agence Europe) - Les États membres de l'UE sont divisés sur les mesures à prendre pour éviter une propagation de la xylella fastidiosa, une bactérie tueuse d'oliviers en Italie, qui pourrait menacer aussi vignes et agrumes (EUROPE 11281).
Une proposition de la Commission visant à renforcer les mesures d'urgence a été présentée vendredi 27 mars au sein du comité phytosanitaire permanent de l'UE, mais n'a pas recueilli de majorité qualifiée en faveur. France et Espagne, notamment, défendent des mesures très ambitieuses pour éviter une propagation, tandis que l'Italie souhaite des mesures raisonnables et estime avoir pris les mesures nécessaires. Les experts rediscuteront de ces mesures fin avril, mais il n'est pas certain qu'un accord pourra être trouvé à ce moment, tant les divergences semblent grandes.
Le projet de la Commission vise à bloquer la propagation de la maladie, contrôler une centaine de variétés de plantes, y compris les vignes et les agrumes, et étendre les contrôles à tout le sud-ouest de la région touchée. La stratégie d'éradication est l'abattage des arbres touchés ou soupçonnés de l'être. Les expertises menées jusque-là « suggèrent que 10% » des millions d'oliviers de la province de Lecce sont touchés et devraient être abattus. Dans la région des Pouilles, cela représenterait 9 millions d'oliviers à abattre, sur 30 000 hectares. La Commission indique qu'une fois que les oliviers sont abattus, il ne faut pas replanter avec des plantes vulnérables à l'insecte qui transporte la maladie.
La Commission envisage aussi une interdiction des mouvements de plantes sensibles de la région (contrôles…) et de demander aux pays tiers qui se disent indemnes de le notifier officiellement. Les experts notent un point positif: la région touchée dans les Pouilles est limitée par la mer, ce qui évite une extension.
Certaines organisations disent que ce n'est pas seulement la xylella qui affecte les oliviers, mais aussi des champignons. Or, des experts indiquent que c'est d'abord la xylella qui attaque et les champignons arrivent après (ce n'est pas l'inverse). La Commission a déjà donné 750 000 euros pour les contrôles et 300 000 pour le monitoring de cette maladie. (Lionel Changeur)