Bruxelles, 24/03/2015 (Agence Europe) - Il reste beaucoup à faire pour améliorer la qualité de l'eau et mieux gérer cette ressource dans l'UE, a souligné Karmenu Vella, commissaire européen à l'Environnement, lundi 23 mars, lors de la quatrième conférence européenne sur l'eau, à Bruxelles. Organisé à l'occasion de la journée mondiale et de la journée européenne de l'eau, cet événement a coïncidé avec la clôture du premier cycle de mise en oeuvre de la directive-cadre sur l'eau (directive 2000/60/CE), qui vient de faire l'objet d'un rapport de la Commission (EUROPE 11271). L'occasion était parfaite pour faire le point de la situation et dessiner les orientations futures de la politique de l'UE qui devra faire de l'eau une priorité et intégrer l'eau dans toutes les politiques sectorielles pertinentes, a indiqué le commissaire.
« Avec notre politique de l'eau, nous avons développé un secteur de l'eau dynamique, à la pointe au niveau mondial. Mais il n'y a pas matière à complaisance (….) 2015 est la date butoir fixée par la directive- cadre pour garantir un bon statut de l'eau de toutes les masses d'eau de l'UE. Alors qu'en 2012, la moitié seulement des masses d'eau affichait un bon statut, «aujourd'hui 53% des eaux de l'UE ont maintenant un bon statut environnemental », a déclaré Karmenu Vella. C'est un progrès, mais cela ne suffit pas. « Nous devons intensifier notre action pour atteindre notre but initial dans les meilleurs délais. Il est temps de renforcer les règles existantes et d'en présenter de nouvelles pour combler le retard pris », a-t-il prévenu. La préparation en cours des plans de gestion par district hydrographique (PGDH) et les premiers plans de gestion des risques d'inondation que les États membres doivent présenter le 22 décembre 2015 au plus tard offrent, selon lui, « une excellente opportunité ».
Dans cet exercice, le commissaire souhaite que les États redoublent d'efforts et veillent à: - améliorer la surveillance et l'évaluation du statut de l'eau ; - se pencher davantage sur certains problèmes spécifiques, comme la nécessité de « mieux combattre la pollution d'origine agricole qui affecte 90% des bassins hydrologiques » ; - mettre un terme et remédier aux pressions humaines sur les paysages naturels pour restaurer l'environnement et ses écosystèmes ; - s'attaquer à la raréfaction des ressources en eau « qui demeure un problème, et pas uniquement dans le sud, par le contrôle des besoins en extraction » ; - prêter davantage attention au principe de la récupération des coûts, « par exemple, par le prix de l'eau ou tout autre incitant à l'utilisation efficace de l'eau » ; - intégrer la gestion de l'eau dans les autres politiques, comme le préconise le rapport 2015 de l'Agence européenne de l'environnement (AEE) sur l'état et les perspectives de l'environnement en Europe (EUROPE 11268 et 11266).
« Je travaillerai en coopération avec mes collègues commissaires pour intégrer la gestion de l'eau dans toutes les politiques sectorielles de l'UE », a assuré M. Vella en invitant tous les États membres à faire de même et à ériger l'eau en priorité. Mais l'urgence absolue, selon le commissaire, c'est que les Vingt-huit mettent mieux en oeuvre la législation existante. (Aminata Niang)