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Bulletin Quotidien Europe N° 11281
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Les assises pour la relance de la construction européenne existent

Évolutions radicales en cours. Le sommet européen de la semaine dernière a ouvert largement la porte à la relance de la construction européenne. Les décisions prises ne sont à première vue pas spectaculaires ; dans plusieurs cas, les résultats font le point sur l'un ou l'autre dossier en discussion ou confirment des positions déjà connues. Mais en même temps, des projets ambitieux sont confirmés, tels que la création de l'Union de l'énergie, adoptée par les chefs d'État ou de gouvernement telle que proposée par la Commission européenne (voir les détails dans EUROPE 11279). Et le renforcement des disciplines relatives à l'accès des clandestins au territoire communautaire est acquis. On peut dire que des évolutions fondamentales de la construction européenne, auparavant théoriques ou à l'état de suggestions, sont à présent confirmées et définies.

S'y ajoute le lancement d'évolutions futures. Jean-Claude Juncker a parlé explicitement (dans un entretien avec le quotidien allemand Die Welt) de la création d'une armée européenne, innovation révolutionnaire sur laquelle cette rubrique reviendra. En laissant de côté pour le moment ces projets tellement innovateurs, plusieurs évolutions sont pratiquement acquises, même si leur application demande encore des mises au point, car des divergences subsistent. Mais les orientations fondamentales sont de plus en plus uniformes. Les autorités communautaires comprennent de mieux en mieux la nécessité de sauvegarder la nature et l'identité de l'UE et l'exigence d'agir en ce sens.

Le monde de la finance redresse ses abus du passé, mais… La presse, on le sait, a joué un rôle de premier plan dans la dénonciation des abus et des excès de l'activité financière ; son fonctionnement est à présent mieux réglementé et plus transparent. Mais l'application des nouvelles règles et les disciplines renforcées sont progressives ; entretemps, d'autres abus du passé sont découverts, et il n'est pas aisé de les séparer des règles nouvelles, dont l'application est lente. Mais parfois l'interprétation de ces progrès est erronée ; par exemple, la diminution de la valeur de l'euro par rapport au dollar est présentée ou comprise comme une évolution négative, alors qu'elle est positive.

Dans ce contexte encore fragile, le dynamisme de la Banque centrale européenne (BCE) est l'objet de commentaires et explications parfois discordants, au sein même du monde de la finance. Il est difficile pour les institutions européennes, le Parlement européen en particulier, de prendre position. L'opinion largement majoritaire est que la BCE agit sagement et efficacement.

L'évolution grecque est inéluctable. Je ne changerai pas d'opinion: la Grèce ne peut plus faire partie de la zone euro, pour les raisons exposées en particulier dans EUROPE 11269. Si les négociations très vives en cours aboutissent à des compromis, à mon avis ils ne seront pas durables. Plusieurs pays de l'Eurogroupe ne seraient pas en mesure de participer aux financements nécessaires, et la Grèce elle-même ne pourra pas faire face à ses obligations renouvelées. Une permanence forcée ne pourrait qu'être provisoire, alors que la sortie de l'euro ne serait pas réellement dramatique et permettrait à la Grèce d'effectuer les réformes indispensables. D'ailleurs, ne pas faire partie de la monnaie unique ne correspond pas une perte de prestige: d'autres États membres de l'UE le prouvent.

Et l'idée que la Grèce soit financée par la Russie ne change rien à la réalité de la situation.

Russie: relancer le dialogue ? Les pires ennemis de l'Europe et de sa civilisation sont flagrants ; ce sont les pseudo-musulmans dont le seul objectif est de s'enrichir autant que possible via des chantages d'une cruauté parfois difficilement imaginable. Ils n'ont rien à voir avec une religion, car leurs prisonniers sont libérés si la somme réclamée est versée ; sinon, ce sont les tortures les plus cruelles de l'histoire de l'humanité. Si l'on pense à ce qui avait été auparavant la vraie culture musulmane… On y reviendra.

La situation actuelle devrait conduire aussi, entre autres, à relancer le dialogue avec la Russie, à la place, je le répète, de sanctions réciproques négatives pour Moscou et pour nous. Un dialogue ferme, sans concessions, impliquant la défense explicite des positions de l'UE ; mais un dialogue toujours, qui prenne en compte l'ampleur des relations véritables avec la Russie. M. Donald Tusk, président du Conseil européen (ainsi que des Sommets de la zone euro, alors que la Pologne n'en fait pas partie…), devrait prendre ses responsabilités. J'y reviendrai.

(FR)

 

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