Bruxelles, 09/03/2015 (Agence Europe) - L'UE a appelé, vendredi 6 mars, Israël à débloquer les fonds palestiniens. Elle a également demandé au président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et à la direction palestinienne de maintenir la coopération en matière de sécurité avec l'État hébreux. L'UE a une nouvelle fois invité les parties à éviter toute décision qui augmenterait les tensions sur le terrain et saperait la confiance.
« La poursuite de la retenue à la source pour des revenus palestiniens pourrait être très préjudiciable à la stabilité et la sécurité de la région », a expliqué un porte parole du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), ajoutant que cette décision allait à l'encontre des obligations d'Israël en vertu du Protocole de Paris de l'Accord d'Oslo. « Ces recettes fiscales n'appartiennent pas à Israël, mais à la Palestine », a-t-il rappelé. Selon lui, la communauté internationale « ne peut pas être appelée pour soulager Israël de ses propres responsabilités juridiques et politiques vis-à-vis de la population palestinienne en tant que puissance occupante à Gaza et en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est ». Le porte-parole a précisé que l'UE était engagée dans des contacts de haut niveau avec ses homologues israéliens pour transmettre ces messages.
Par ailleurs, le porte-parole a aussi considéré que, si elle était appliquée, la résolution du Conseil central palestinien appelant à la suspension de la coopération de sécurité avec Israël en raison de la situation financière critique de l'Autorité palestinienne « aurait une incidence négative sur la sécurité des Palestiniens et des Israéliens et ajouterait des tensions dans un contexte déjà très difficile ». Une Autorité palestinienne efficace, engagée dans la non-violence et une résolution pacifique du conflit sont des éléments clés pour une solution à deux États, a ajouté le porte-parole.
Le conseil central s'est prononcé, le 5 mars, pour la cessation de toute forme de coopération avec Israël en matière de sécurité, décision entre autres liée au gel depuis janvier du transfert par Israël des taxes palestiniennes. La décision du conseil central, non contraignante, pourrait être suivie ou non par le président Abbas. (Camille-Cerise Gessant)