Bruxelles, 09/03/2015 (Agence Europe) - Davantage de nouvelles substances psychoactives (NSP ou 'nouvelles drogues') ont été détectées dans l'Union européenne l'année dernière au rythme de deux par semaine environ, selon un rapport publié lundi 9 mars par l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).
Au total, 101 nouvelles substances ont été signalées au système d'alerte rapide (EWS) de l'UE en 2014 (contre 81 en 2013), poursuivant une tendance à la hausse existant dans les substances notifiées au cours d'une seule année, indique l'agence. Ceci porte à plus de 450 le nombre total de substances surveillées par l'agence, dont plus de la moitié ont été identifiées au cours des trois dernières années seulement. Ce nouveau rapport est basé sur les données recueillies auprès des 28 États membres de l'UE, ainsi qu'en Turquie et en Norvège.
En 2014, la liste des substances déclarées était une nouvelle fois dominée par deux groupes: les cathinones de synthèse (31 substances) et les cannabinoïdes de synthèse (30 substances), vendus en tant que substituts légaux des stimulants et du cannabis respectivement. « Ces substances forment actuellement les deux plus importants groupes de drogues surveillés par l'EWS et représentent ensemble près de deux tiers des nouvelles drogues signalées en 2014 ». Les dernières informations disponibles concernant les saisies montrent une croissance du marché des NSP. « Entre 2008 et 2013, le nombre de saisies de NSP opérées en Europe a été multiplié par sept. Près de 47 000 saisies de NSP, équivalant à plus de 3,1 tonnes, ont été déclarées en Europe en 2013 », dit l'OEDT. Les cannabinoïdes de synthèse représentaient la plus grande partie de ces chiffres (21 000 saisies; 1,6 tonne), suivis par les cathinones de synthèse (11 000 saisies; 1,1 tonne). L'agence s'inquiète aussi de la vente de nouveaux opioïdes de synthèse « souvent très puissants, qui sont vendus comme héroïne aux utilisateurs non avertis, ce qui engendre un risque élevé de surdose ». Trois des cinq opioïdes déclarés en 2014 étaient des fentanyls, une famille de drogues à l'origine de centaines de décès en Europe et aux États-Unis. (Solenn Paulic)