Riga, 06/03/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont discuté de manière informelle, vendredi 6 mars à Riga, de « mesures concrètes que l'UE et les États membres pourraient prendre à partir du moment où le processus déboucherait (…) sur des résultats », a déclaré la Haute Représentante de l'UE, Federica Mogherini.
« Nous devrons être prêts à apporter notre plein soutien à tout type de réconciliation nationale pour éviter que la Libye ne tombe dans une absence d'autorité de référence », a-t-elle précisé. « Nous sommes prêts à aider à reconstruire le pays par tous les moyens possibles », a-t-elle ajouté, soulignant qu'il restait peu de temps, alors que la menace terroriste se renforce.
À son arrivée au Gymnich, le ministre espagnol, José Manuel García-Margallo, s'est dit « absolument convaincu » que le conflit en Libye devait être résolu « assez rapidement », car « la poursuite du conflit peut avoir un impact désastreux sur les pays de la région ».
Les Européens ont mis l'accent sur le processus politique en cours. Le dialogue entre les parties libyennes a repris le 5 mars au Maroc. « Nous devrons d'abord essayer d'accentuer les démarches en vue d'un dialogue politique. Car si on peut avancer en Libye c'est d'abord par le dialogue politique. Et éviter que des groupes extrémistes ne prennent pied de plus en plus dans le pays », a dit le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders. « Nous devons donner une chance à la paix parce que nous sommes convaincus que la solution est politique, pas militaire », a ajouté M. Garcia-Margallo. Le Français Laurent Fabius a mis en avant des actions sur le plan politique, humanitaire, sécuritaire mais aussi sur l'immigration.
Interrogé sur la livraison d'armes à la Libye, M. Reynders a précisé que ce n'était « pas à l'ordre du jour ». « On doit d'abord mettre l'accent sur le processus politique et évidemment si on arrivait vraiment à un gouvernement inclusif, on pourrait commencer à travailler aussi sur des mesures en matière de sécurité », a-t-il expliqué. M. Fabius a rappelé qu'il y avait « déjà beaucoup d'armes en Libye ».
Les ministres belge et espagnol ont pour l'instant écarté l'idée de sanctions autonomes européennes. « Il est vrai que si la médiation n'aboutit pas à la formation d'un gouvernement d'unité nationale dans un délai raisonnable, en un temps opportun, il faudrait étudier un plan B qui serait d'imposer des sanctions à ceux qui torpillent ou entravent le processus de paix », a expliqué M. Garcia Margallo. M. Reynders a précisé qu'il n'était « pas encore » dans la démarche des sanctions. (Camille-Cerise Gessant)