Bruxelles, 06/03/2015 (Agence Europe) - Les institutions (BCE, FMI, Commission) et les autorités grecques informeront l'Eurogroupe, ce lundi 9 mars, des progrès effectués dans la perspective d'une reprise des discussions pour boucler la dernière mission de suivi.
Un haut fonctionnaire de l'UE a confirmé que la Grèce avait communiqué une liste plus détaillée de mesures à prendre rapidement et contenue dans une lettre reçue après la réunion préparatoire de l'Eurogroupe. Cette liste n'ayant pas été discutée avec les trois institutions, elle ne devrait pas servir de base aux discussions ministérielles, lundi. Le ministre grec devrait tout de même saisir l'occasion de détailler ces mesures.
« Le rythme doit être accéléré, le contact entre les autorités grecques et les institutions doit être élargi et approfondi », a dit ce haut fonctionnaire, expliquant qu'en matière du financement de la Grèce la seule chose connue de l'Eurogroupe avec certitude était les échéances de remboursement à venir. À ce stade, aucune date n'est prévue pour la reprise de la mission à Athènes et il n'est pas clair si les institutions sont les bienvenues à Athènes.
La mission des créanciers d'Athènes doit en premier lieu déboucher sur un accord global au niveau technique, puis une liste d'actions préalables doit être définie et mise en oeuvre pour qu'un décaissement de l'aide européenne puisse avoir lieu. Il est en théorie possible que les actions préalables soient réparties dans le temps et donnent lieu à différents décaissements, « mais on en est encore loin », a dit ce haut fonctionnaire.
Depuis Berlin, le porte-parole du ministère des Finances, Martin Jäger, a quant à lui déclaré que si les Grecs étaient en position de travailler leur liste détaillée de réformes avant fin avril, date butoir de l'Eurogroupe, « et si la 'troïka' est d'accord avec cette liste et que le programme est mis en oeuvre en conséquence, alors il sera bien sûr possible de procéder à un paiement plus tôt ».
La lettre transmise cette semaine au président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijssebloem, inclut des mesures sur la lutte contre 'la crise humanitaire' qui sévit en Grèce, la réduction de la bureaucratie et l'amélioration du climat des affaires en rationalisant le secteur des services, une loi sur les arriérés de paiement des taxes, la mise à jour de la réglementation des paris et loteries en ligne, la création d'une entité temporaire destinée à cibler les grands évadés fiscaux. Ce haut fonctionnaire a estimé que ces mesures ne devaient pas être perçues comme isolées du plan de sauvetage grec mais faisant partie d'un arrangement global. Ces mesures n'ont donc pas de connexion avec un éventuel décaissement, a dit ce haut fonctionnaire.
Malgré les craintes soulevées autour des échéances de remboursement en faveur du FMI (1,5 milliard d'euros en mars), la Grèce a effectué un premier paiement de 310 millions d'euros, vendredi.
Jeudi, la BCE n'a pas relevé le plafond des rachats de bons du Trésor par les banques grecques, ce que voudrait la Grèce pour assurer son financement. Si la BCE objecte, « alors nous retournerons au thriller que nous avons connu avant le 20 février », a prévenu M. Tsipras dans une interview à Der Spiegel, ajoutant que la BCE tenait toujours « une corde autour de notre cou ».
Le gouvernement grec a, par ailleurs, démenti avoir demandé une réunion d'urgence avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour évoquer les difficultés financières de la Grèce, comme rapporté par Süddeutsche Zeitung. Le gouvernement grec a précisé avoir demandé une rencontre avec M. Juncker après l'Eurogroupe du 9 mars.
Quant aux rumeurs d'un 3ème plan d'aide, ce haut fonctionnaire a noté que, selon la presse, il n'y avait pas d'intérêt du côté grec. Si ce n'est pas demandé, ce ne sera pas fourni, a-t-il expliqué. Un diplomate a quant à lui estimé que la « chorégraphie » de la tragédie grecque semblait aller vers un 3e plan d'aide, même si ce n'est pas discuté pour l'instant. « Toute l'idée est de garder le bateau à flot », a résumé ce dernier.
Chypre. L'Eurogroupe sera aussi informé de l'évolution du cadre sur les saisies immobilières à Chypre. « C'est en train de devenir un problème significatif », selon ce haut fonctionnaire. (Élodie Lamer)