Riga, 06/03/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE et la Haute Représentante, Federica Mogherini, ont souligné vendredi 6 mars que la priorité était la mise en oeuvre de l'accord de Minsk, tout en reconnaissant des progrès sur le terrain. « Ce n'est pas parfait, il y a encore quelques violations, mais la tendance est positive », a expliqué la Haute Représentante lors d'une conférence interparlementaire à Riga.
Les ministres ont aussi souligné que, pour l'instant, les sanctions devaient rester en vigueur. « Les sanctions sont toujours en place, elles ne seront pas levées tant qu'il n'y aura pas quelque chose de très positif sur le terrain », a dit Mme Mogherini, ajoutant que l'UE était « prête à réagir si les choses ne fonctionnaient pas ». « Sur les sanctions, nous allons rester unis », a-t-elle prévenu.
Pourtant, il semble que les pays ne soient pas complètement unis. « Certains pays sont en faveur de leur maintien (des sanctions), d'autres sont en faveur de leur renforcement (...) et d'autres sont pour leur réduction », a expliqué le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo, précisant que pour l'Espagne les accords de Minsk étaient en train d'être mis en place et que ce n'était pas le moment d'accélérer le processus de sanctions. Le ministre français, Laurent Fabius, a considéré que ce serait paradoxal de renforcer maintenant les sanctions, alors les accords de Minsk sont appliqués. « Il est difficile de plaider une certaine amélioration et en même temps de renforcer les sanctions », a-t-il admis, expliquant qu'il y avait une « fragile amélioration ».
Le Belge Didier Reynders a précisé que s'il le fallait l'UE pourrait prendre davantage de sanctions, mais que pour l'instant, il fallait « engranger (des résultats) sur la base des accords de Minsk ». « Pour l'instant, on est dans une démarche où les sanctions sont d'application. Je ne vois pas de raison, pour l'instant, de changer notre attitude mais nous attendons de voir les évolutions dans les prochains semaines et mois. Nous en reparlerons d'ici juillet ». Les sanctions économiques sont en vigueur jusqu'à fin juillet. Le ministre français a aussi souhaité « attendre le moment où c'est prévu » pour prendre une décision.
Leur homologue lituanien, Linas Linkevicius, s'est lui montré favorable à leur prolongation. « L'unité est un très beau mot, mais l'unité de ne rien faire n'est pas pour moi. Nous devons être unis en faisant quelque chose », a conclu M. Linkevicius. (Camille-Cerise Gessant)