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Bulletin Quotidien Europe N° 11256
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Sommet international à Washington contre le terrorisme

Bruxelles, 18/02/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante de l'UE, Federica Mogherini, ainsi que plusieurs ministres de l'Intérieur européens, dont les Français et Britannique Bernard Cazeneuve et Theresa May, devaient assister à partir de mercredi 18 février à Washington au 'sommet international contre le terrorisme et l'extrémisme', un événement organisé par le président Barack Obama au lendemain des attentats de Paris des 7 et 9 janvier.

Ce sommet international, qui intervient peu de temps après de nouveaux attentats à Copenhague et la décapitation de chrétiens coptes égyptiens en Libye par l'État islamique, évoquera l'ensemble des menaces terroristes mondiales, pas seulement celles liées à l'islamisme radical. La coopération avec les géants de l'Internet est aussi au programme, alors que plusieurs polémiques opposent les autorités gouvernementales américaines et les géants comme Facebook ou Google. Les moteurs de recherche et les réseaux sociaux s'opposent à des demandes permettant aux autorités de contourner les dispositifs de chiffrement des messages qui sont mis en place pour renforcer la protection de la confidentialité des internautes. Le sujet est également sensible dans l'UE, même si les États membres ont renoncé pour le moment à demander de pouvoir contourner ces dispositifs de cryptage. Un plan d'action devrait être adopté à Washington et une prochaine réunion de ce type serait prévue avant l'assemblée générale de l'ONU en septembre, explique la BBC.

PNR européen. Le terrorisme a fait l'objet de discussions, mardi 17 février, entre le ministre français de l'Intérieur et le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans. Les deux hommes ont rappelé leur engagement pour obtenir la mise en place, d'ici à fin 2015, du PNR européen, le registre des passagers aériens européens, afin de prévenir les attentats terroristes.

Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Niels Muiznieks, a mis en garde contre les effets des mesures antiterroristes sur les libertés individuelles. « Les attentats de Paris ont donné lieu à un vaste débat sur la lutte contre le terrorisme en France et en Europe. Certaines suggestions, à savoir donner aux services de sécurité un accès sans entraves aux communications numériques, interdire le cryptage, montrent que l'on n'a guère tiré de l'affaire Snowden les enseignements voulus sur les dangers que la surveillance de masse fait courir aux droits de l'homme, et notamment au droit au respect de la vie privée », écrit Niels Muiznieks . Selon lui, les propositions visant à charger les fournisseurs de services Internet de retirer les contenus qui incitent au terrorisme sans aucun contrôle juridictionnel « sont hautement problématiques ».

Quels types de réforme faut-il mettre en oeuvre dans les établissements pénitentiaires européens de manière à ce qu'ils ne servent plus d'incubateurs pour le radicalisme ?, se demande Niels Muiznieks. Il faudrait selon lui s'appuyer sur les leçons tirées de ladite 'guerre contre le terrorisme' de ces quinze dernières années dans l'intérêt de la protection des droits de l'homme. « La confiscation des droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme a été, en effet, une grave erreur et une mesure inefficace qui a contribué à servir la cause des terroristes ». Il appelle donc « à la prudence dans l'adoption d'une nouvelle législation de lutte contre le terrorisme qui doit être soumise à des critères de respect des droits de l'homme. Je préconise de renforcer le contrôle démocratique des services de sécurité qui est tout à fait inadéquat dans de nombreux pays européens ». (Solenn Paulic)

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