Bruxelles/Riga, 18/02/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante, Federica Mogherini, a dénoncé, mercredi 18 février, les « actions menées par les séparatistes soutenus par la Russie dans Debaltseve », à l'est de l'Ukraine, les qualifiant de « violation flagrante du cessez-le-feu ».
« Les séparatistes doivent cesser toutes les activités militaires », a dit Mme Mogherini dans un communiqué. La Russie et les séparatistes doivent mettre en oeuvre « immédiatement et pleinement » les engagements convenus dans l'accord de Minsk, en ligne avec la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies du 17 février, « à commencer par le respect du cessez-le-feu et le retrait de toutes les armes lourdes », a souligné la Haute Représentante. À Riga, celle-ci a précisé que les ministres de la Défense européens allaient discuter et « prendre des décisions » au sujet de « l'engagement commun » européen « dans cet environnement sécuritaire difficile en Europe ».
« L'UE est prête à prendre les mesures appropriées si les combats et d'autres développements négatifs se poursuivent, en violation des accords de Minsk », a mis en garde Mme Mogherini dans le communiqué.
Interrogée à Riga sur des sanctions supplémentaires, elle a expliqué que si la situation sur le terrain respectait les engagements pris à Minsk, alors cela ne serait pas nécessaire. « Mais nous devons voir la mise en oeuvre se produire dans les prochaines heures », a-t-elle ajouté.
La Haute Représentante a aussi appelé à un accès immédiat de la Mission spéciale de surveillance de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour qu'elle puisse assumer ses fonctions de surveillance et de vérification dans et autour de Debaltseve et sur tout autre site où la mission devrait aller. Les mesures mises en place par l'UE pour aider les missions de l'OSCE devaient être discutées lors du Conseil informel Défense.
Mme Mogherini a aussi appelé à ce qu'« un passage sûr pour tous ceux qui veulent quitter la région soit assuré ».
Mardi 17 février, Mme Mogherini avait considéré que malgré les combats à Debaltseve dans l'est de l'Ukraine, le cessez-le-feu n'était pas un échec. « On savait que ce serait difficile, fragile, que ce ne serait pas blanc ou noir mais gris », a-t-elle ajouté. Elle a expliqué que ce qu'il fallait faire n'était pas de déclarer que c'était un échec, mais de travailler et d'insister pour que le processus aboutisse à un résultat positif, soit la mise en oeuvre pleine de l'accord auquel les séparatistes et la Russie ont donné leur accord.
Le président ukrainien, Petro Porochenko, a, lui, demandé aux pays occidentaux une réponse sévère à l'égard de Moscou, après l'offensive des séparatistes contre Debaltseve. « C'est une attaque cynique contre les accords de Minsk (…) Le monde doit arrêter l'agresseur », a-t-il lancé, cité par son service de presse.
M. Porochenko, le président russe, Vladimir Poutine, le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel, devaient s'entretenir par téléphone mercredi 18 février dans la soirée.
Dans la soirée du 17 février, le Conseil de sécurité des Nations Unies, dont fait partie la Russie, a appelé dans une déclaration unanime à l'arrêt immédiat des hostilités, s'inquiétant de la poursuite des combats dans la région de Debaltseve. Il a demandé aux parties de respecter les accords conclus à Minsk, notamment en facilitant l'accès pour les observateurs de l'OSCE.
Par ailleurs, le commissaire européen à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, s'est rendu en Ukraine, mercredi 18 et jeudi 19 février. (Camille-Cerise Gessant et Jan Kordys)