Bruxelles, 18/02/2015 (Agence Europe) - La commission de l'environnement du Parlement européen se prononcera mardi 24 février, en deuxième lecture, sur le projet de directive visant à modifier les directives 'Qualité des carburants' et 'Énergies renouvelables' pour plafonner, à l'horizon 2020, l'utilisation des agrocarburants dans les transports et prendre en compte le facteur ILUC (changements indirects d'affectation des sols) afin de comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre liées à la production de ces biocarburants de première génération (EUROPE 11235).
C'est à Nils Torvalds (ADLE, finlandais), rapporteur, que revient la tâche titanesque de faire la synthèse de 374 amendements pour trouver des compromis acceptables sur les facteurs ILUC, le plafond pour les biocarburants conventionnels et l'objectif pour les biocarburants avancés.
À l'heure où les tractations parlementaires font rage, les producteurs européens d'agrocarburants ont exprimé, mercredi 18 février, leurs craintes de voir anéantis les nombreux avantages que présentent, selon eux, les biocarburants issus de cultures agricoles. Dans un courrier conjoint adressé aux députés de la commission de l'environnement, le Copa-cogeca, EBB, Coceral, Fediol, EOA (European Oilseed Alliance) font valoir que: - limiter à moins de 8% la part des agrocarburants dans les transports anéantirait les bénéfices d'une solution durable et rentable pour 'décarboner' le transport, améliorer la sécurité énergétique, réduire le déficit de l'UE en protéines pour l'alimentation animale et stabiliser la situation sur les marchés agricoles ; - le concept d'ILUC ne devrait pas être inclus dans la législation « étant donné l'absence de base scientifique consensuelle au niveau international pour analyser l'ampleur de ce phénomène théorique » ; - un objectif séparé de plus de 0,5% pour les biocarburants avancés est « d'importance capitale. Il doit être contraignant et s'inscrire dans une perspective allant au-delà de 2020 pour créer un cadre stable pour les investissements et stimuler des développements commerciaux en parallèle aux agrocarburants ». (Aminata Niang)