Bruxelles, 18/02/2015 (Agence Europe) - En 2013, les technologies d'énergies renouvelables ont poursuivi leur développement dans l'Union européenne constituant une force motrice importante pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'amélioration de la sécurité énergétique et l'accroissement des économies d'énergie, selon un rapport technique de l'Agence européenne de l'environnement (AEE), publié mardi 17 février.
Mais, si l'UE est en bonne voie pour atteindre ses objectifs à l'horizon 2020 et 2030, il conviendra qu'elle fasse beaucoup plus d'efforts, si elle veut réussir la décarbonisation de son économie d'ici à 2050, souligne aussi l'AEE.
Ce rapport, intitulé 'Renewable energy in Europe approximate recent growth and knock-on effects' ['croissance récente des énergies renouvelables en Europe et effet d'entrainement'], montre qu'en 2013, la part des énergies renouvelables dans la consommation primaire totale a augmenté dans tous les États membres de l'UE, sauf à Chypre. Suède, Lettonie, Finlande et Autriche ont fait figure de champions (plus d'un tiers de la consommation totale d'énergie), tandis que Malte, Luxembourg et les Pays-Bas étaient en queue de peloton (tous en dessous de 5%).
Au niveau européen, cette part des renouvelables atteignait 14,9% (contre 14,1% en 2012), permettant à l'UE de faire mieux que l'objectif indicatif de 12,1% qui lui était assigné par la directive 'Énergie renouvelable' pour 2013-2014 et mieux que les 13,7% escomptés collectivement des plans d'action nationaux. L'UE est donc en bonne voie pour respecter son objectif d'atteindre au moins 20% de renouvelables d'ici à 2020 et au moins 27% d'ici à 2030.
Si le chauffage et la production de froid à partir de renouvelables continuaient en 2013 de se tailler la part du lion (50% de la consommation finale d'énergies renouvelables), l'AEE note que c'est la production d'électricité verte (42%) qui a connu la plus forte croissance absolue dans l'utilisation de renouvelables dans tous les États membres, grâce au développement de l'éolien offshore. Le recours aux énergies renouvelables dans les transports a en revanche connu un recul dans la moitié des États membres et à l'échelle de l'UE (-6,9%).
Le rapport montre que la progression des renouvelables depuis 2005 a un impact positif en termes d'atténuation du changement climatique et de réduction de la dépendance aux énergies fossiles importées. Ainsi, sans le déploiement des énergies renouvelables depuis 2005, les émissions de gaz à effet de serre de l'UE auraient pu être de 7% supérieures à leur niveau actuel et, sans le recours accru aux énergies renouvelables, la consommation de l'UE en énergie fossile aurait été de 7% supérieure à ce qu'elle fut en 2012.
Les énergies renouvelables ont remplacé au premier chef le charbon (-13%) et, dans une moindre mesure, le gaz naturel (-7%) - une tendance particulièrement opportune dans le contexte géopolitique actuel et face au déclin des réserves, souligne l'AEE. Le remplacement du pétrole et des carburants fossiles a, quant à lui, été beaucoup moins prononcé. (Aminata Niang)