Bruxelles, 18/02/2015 (Agence Europe) - Le commissaire pour l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, a dit attendre, mardi 17 février, que la Hongrie implique la Commission européenne dans les négociations pour son nouveau contrat gazier de long terme avec la Russie. L'énergie était au centre de la visite, le jour même, du président russe, Vladimir Poutine, auprès du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, à Budapest.
« Idéalement, la Commission devrait faire partie de l'équipe de négociation. L'un des éléments clés pour la sécurité énergétique de l'UE devrait d'abord être une transparence accrue », a insisté M. Sefcovic, dans des propos relayés par le Wall Street Journal. Le commissaire, qui était en visite à Bratislava mardi, a répété qu'il examinera, dans le cadre de ses propositions pour l'Union de l'énergie qu'il dévoilera le 25 février, toutes les options pour garantir la transparence et la conformité des accords intergouvernementaux (AIG) en matière d'approvisionnement en énergie avec les règles du marché intérieur de l'énergie et les critères de sécurité énergétique de l'UE. Sa proposition de réforme de la décision sur les AIG envisagera un mécanisme de pré-consultation obligatoire de la Commission par les États membres, avant de signer un AIG avec un pays tiers. « Je pense que nous devons établir des règles du jeu équitables pour partager davantage l'information », a insisté M. Sefcovic, précisant que le but de la Commission est de veiller à ce qu'aucun fournisseur d'énergie soit en situation de monopole sur un marché de l'UE et d'empêcher des fournisseurs tiers d'obtenir un avantage concurrentiel injuste dans les pourparlers avec les États membres individuels.
Solide lien russo-hongrois. Mardi, la Hongrie et la Russie sont parvenues à un « accord politique » sur le gaz, a annoncé, devant la presse, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, à l'issue de son entrevue avec le président Poutine, dont la visite portait sur la négociation d'un nouveau contrat gazier, pour remplacer l'actuel contrat gazier à long terme entre les deux pays, qui expire fin 2015. « Nous avons réglé le problème. Nous sommes parvenus à un accord politique, il reste à régler les questions techniques. La Hongrie a besoin de la Russie, nous voulons des garanties pour les livraisons d'énergie russe », a expliqué M. Orban. « Nous avons convenu que nous allons considérer favorablement certaines questions soulevées par la partie hongroise pendant les pourparlers d'aujourd'hui et, de plus, nous avons convenu que toutes ces questions seront résolues. Cela concerne les contrats pour la période après 2015 et certaines autres questions concernant l'utilisation des capacités de stockage de gaz (hongroises) », a précisé M. Poutine, rappelant que la Russie fournit 80% du pétrole et 75% du gaz naturel consommés en Hongrie.
MM. Orban et Poutine se sont aussi dits prêts à coopérer dans le cadre du nouveau projet russe de gazoduc Turkish Stream. « Vous savez que nous avons malheureusement dû renoncer au projet South Stream. Mais je considère que l'expérience et les connaissances que nous avons acquises avec notre partenaire hongrois dans le cadre de notre co-entreprise (mise en place dans le cadre de South Stream) peuvent servir à élargir la coopération avec la Turquie dans le cadre de Turkish Stream. Il y a plusieurs variantes ici et nous sommes prêts à les étudier avec ceux qui souhaitent coopérer avec nous », a insisté le président russe.
Enfin, en présence des deux dirigeants, le groupe nucléaire russe Rosatom et le ministère hongrois des Ressources sociales ont signé un mémorandum sur la formation de cadres pour le nucléaire civil. Lors d'une visite de M. Orban à Moscou en 2014, la Hongrie et la Russie ont conclu un contrat controversé de 12,5 milliards d'euros pour la construction, à partir de 2018, de deux réacteurs nucléaires russes près de Budapest, assorti d'un prêt de 10 milliards d'euros par Moscou. (Emmanuel Hagry)