Bruxelles, 06/02/2015 (Agence Europe) - Qu'elles déplorent un manque d'ambition ou certaines omissions, c'est avec déception que les ONG de développement ont accueilli, jeudi 5 février, la position de la Commission sur le futur programme mondial pour l'éradication de la pauvreté et le développement durable post-2015 (EUROPE 11247).
Oxfam dénonce le manque d'ambition affiché pour le financement du développement durable. « Il est inacceptable que la Commission européenne fasse l'impasse sur la manière dont seront financés les nouveaux objectifs de développement durable alors que l'Europe dans son ensemble n'est même pas capable de remplir son engagement actuel d'allouer 0,7% de son RNB à l'aide publique au développement », commente Hilary Jeune du bureau européen d'Oxfam. L'ONG juge que l'Europe devrait donner l'exemple et s'abstenir de conditionner ses engagements d'aide à l'engagement des pays à revenus intermédiaires à accroître leur contribution.
Oxfam reconnaît que le secteur privé a le potentiel pour stimuler la croissance qui pourrait aider à sortir les gens de la pauvreté, mais reproche à la Commission de ne voir que le positif. « L'UE doit définir des lignes directrices qui permettraient de garantir que les entreprises placent vraiment la lutte contre la pauvreté au-dessus de l'objectif de réaliser des profits et qu'elles n'affectent pas négativement les communautés locales qu'elles sont supposées aider ». De même, l'ONG salue l'intention de la Commission d'agir sur la fiscalité pour mobiliser des fonds publics pour lutter contre la pauvreté, mais juge décevant qu'aucune nouvelle initiative ne soit mise sur la table, alors que l'évasion fiscale des grandes entreprises coûte aux pays en développement 100 milliards de dollars par an.
Save the Children, pour sa part, reproche à la Commission d'avoir omis de cibler les inégalités au sein des différents pays, alors que, selon un nouveau rapport publié le 5 février par cette ONG, les enfants les plus défavorisés sont laissés sur la touche dans la course mondiale pour améliorer la survie des enfants de moins de cinq ans. Ce rapport montre que: - les efforts mondiaux pour prévenir la mortalité infantile ont sauvé des dizaines de millions de vies depuis la fixation des Objectifs du Millénaire pour le développement en 2000, mais ces progrès masquent des inégalités majeures au sein des différents pays ; - les groupes d'enfants structurellement désavantagés sont laissés à la traîne dans plus de trois quarts des pays développés ; - les politiques qui visent des réductions équitables de la mortalité infantile dans tous les groupes vont de pair avec des progrès de 6% plus rapides dans l'amélioration des taux généraux de survie infantile des différents pays. (AN)