Bruxelles, 06/02/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne et la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, ont présenté, vendredi 6 février, la première stratégie globale « pour lutter contre les crises en Syrie et en Irak et la menace posée par Daesh ».
Cette stratégie, demandée le 20 octobre par le Conseil Affaires étrangères, rassemble des initiatives en cours ou planifiées au niveau de l'UE et des États membres afin de renforcer leur efficacité. « Nous sommes maintenant mieux équipés pour faire davantage ensemble - avec les États membres, les partenaires régionaux et la communauté internationale - au niveau politique et diplomatique mais aussi en matière d'aide et de sécurité. Nous pouvons désormais nous attaquer de façon plus efficace aux causes profondes de l'instabilité et de la violence », a souligné la Haute Représentante, Federica Mogherini, dans un communiqué.
Les mesures préconisées portent sur l'aide d'urgence, la stabilisation et le développement dans la région, et la lutte contre la menace posée par les groupes terroristes tels que Daesh. Est mis l'accent sur la Syrie et l'Irak avec des objectifs spécifiques par pays, le Liban, la Jordanie et la Turquie étant aussi ciblés.
La stratégie est dotée d'un milliard d'euros supplémentaire pour 2015 et 2016. 40% de l'aide financière sera apportée sous forme d'aide humanitaire en Syrie, en Irak et dans les pays voisins qui accueillent de nombreux réfugiés. Selon la Commission européenne, la nouvelle approche a pour but de promouvoir la résilience et la réinsertion post-conflit des réfugiés. La stratégie propose aussi des actions contre l'effet domino des crises sur la région. Ainsi, elle propose d'augmenter l'aide de l'UE aux pays voisins pour les aider à faire face à l'afflux de réfugiés, à assurer leur sécurité, à les aider dans la gestion des frontières et à soutenir la résilience de leurs communautés locales.
Sur la lutte contre le terrorisme, la nouvelle stratégie envisage de « combiner les actions des États membres et de l'UE pour endiguer le flot des combattants étrangers et pour soutenir les pays voisins de la Syrie à renforcer leur sécurité aux frontières », explique la Commission. Les actions sur les combattants étrangers visent à soutenir les poursuites et à renforcer leur suivi, notamment via l'adoption du 'PNR européen' (EUROPE 11246 et 11247), à développer des réseaux internationaux d'experts contre la propagande de l'État islamique (Daesh) ou la coopération avec la Cour pénale internationale.
L'objectif est aussi de travailler sur la communication pour lutter contre l'extrémisme violent dans la région, en ciblant les segments les plus exposés de la population, et notamment les jeunes. L'UE continuera également à donner la priorité à l'éducation pour les enfants et les adolescents, le moyen le plus efficace pour lutter contre l'extrémisme. L'action de lutte contre le terrorisme devra cibler particulièrement les pays voisins comme le Liban ou la Jordanie. Si nécessaire, l'UE pourrait créer un régime de sanctions autonome pour accompagner le dispositif de sanctions onusien contre Al-Qaïda, écrit la Commission.
L'action de l'UE sera soutenue financièrement par l'instrument pour la stabilité et la paix (ICSP), l'instrument européen de voisinage (IEV) et le budget de la PESC, le cas échéant. (CG et SP)