Bruxelles, 06/02/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE devraient adopter sans débat, lundi 9 février, la liste mise à jour des personnes et entités sanctionnées en lien avec la situation dans l'est de l'Ukraine, après l'accord survenu au niveau des ambassadeurs (EUROPE 11247) et conformément aux conclusions du Conseil extraordinaire du 29 janvier (EUROPE 11242).
Ainsi, 19 personnes de plus, dont 5 russes, devraient être soumises à un gel de leurs avoirs et à une interdiction de visa dans l'UE et 9 entités, dont une russe, devraient avoir leurs avoirs gelés au sein de l'UE.
L'Ukraine ne devrait cependant pas faire l'objet d'une discussion entre les ministres, même si les ministres français et allemand pourraient informer leurs homologues sur l'initiative diplomatique de la chancelière Angela Merkel et du président François Hollande. « À ce stade, il n'y a pas formellement de point Ukraine à l'ordre du jour, mais en fonction des résultats des efforts diplomatiques en cours », les ministres pourraient en discuter, a dit une source diplomatique. « S'il y a quelque chose de très significatif ce week-end, on pourrait enlever le sujet Afrique (prévu pour l'après-midi) et mettre l'Ukraine à la place », a souligné une autre source européenne, tout en expliquant que Mme Merkel et M. Hollande pourraient préférer en parler au Conseil européen.
Libye, Yémen, terrorisme
Les ministres discuteront de la situation en Libye et adopteront des conclusions. La discussion était initialement prévue pour le Conseil de janvier, mais elle avait été reportée en raison de la longue discussion sur la Russie. Les ministres devraient s'interroger sur la manière dont l'UE pourrait contribuer à restaurer la confiance entre les parties, alors que des négociations, pour l'instant peu fructueuses, sont en cours à Genève. Le Conseil devrait soutenir une nouvelle fois les efforts du Représentant spécial des Nations unies, Bernardino Leon, « notamment en ce qui concerne la possibilité de prendre des sanctions à l'encontre des perturbateurs qui viendraient gêner la négociation », selon une source européenne.
À la demande de l'Allemagne, les ministres discuteront de la situation au Yémen, alors que le président et le Premier ministre du pays ont démissionné. Les conclusions du Conseil devraient condamner la violence et appeler à la reprise du dialogue entre toutes les parties, à la réforme institutionnelle et au maintien de l'intégrité territoriale du pays.
La Haute Représentante devrait aussi informer les ministres sur la stratégie pour lutter contre les crises en Syrie et en Irak et la menace posée par l'État islamique (EI ou Daesh, voir autre nouvelle).
Lors du déjeuner, les ministres des Affaires étrangères reprendront les discussions entamées le 19 janvier dernier sur la réponse de l'UE au terrorisme et devraient insister, dans des conclusions relativement détaillées, les pistes d'action au niveau extérieur, ont expliqué plusieurs délégations nationales, vendredi 6 février. Dans ce qui ressemble plus à un plan d'action qu'à des conclusions classiques, le Conseil devrait énumérer un certain nombre d'orientations, par exemple dans les partenariats avec les pays clés dans la lutte contre le terrorisme, au Moyen-Orient mais aussi dans les pays du Sahel. Ces actions recouvrent l'aide à la construction de services de renseignements solides, la lutte contre la radicalisation ou encore des actions de coopération avec les pays tiers dans lesquels la lutte contre le terrorisme devrait être renforcée.
Le Conseil Affaires étrangères sera précédé d'un conseil d'association entre l'UE et le Liban, en présence du ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil. (CG, SP, MP)