Baisse des investissements directs étrangers dans le monde en 2014 (Cnuced). - Selon les premières estimations de la Cnuced parues dans la série « Global Investment Trends Monitor » (n° 18, 29 janvier 2015), les flux d'investissements directs étrangers (IDE) ont baissé de 8% en 2014 dans le monde par rapport à 2013, pour s'établir à 1 260 milliards de dollars. Une baisse imputable à la fragilité de l'économie mondiale et aux incertitudes géopolitiques dans certaines régions, mais aussi à un déclin important des investissements aux États-Unis, qui ont fait baisser la moyenne mondiale. En 2013, les investissements directs étrangers avaient atteint 1 363 milliards de dollars. Par ailleurs, avec des flux estimés à 128 milliards de dollar, la Chine devient le premier pays récipiendaire d'IDE, devant Hong Kong (111 milliards de dollars) et les États-Unis (86 milliards de dollars). Singapour est en quatrième position avec 81 milliards de dollars et le Brésil en cinquième position avec 62 milliards de dollars. Désormais, quatre des cinq premiers pays destinataires d'investissements étrangers sont des pays en développement, remarque la Cnuced. Pays développés: les premières estimations montrent que les flux d'IDE dans cette région du monde ont baissé de 14%, à 511 milliards de dollars. Les flux à destination des États-Unis ont baissé à environ 86 milliards de dollars, soit environ un tiers de moins qu'en 2013. Les IDE vers l'Union européenne ont, par contre, augmenté de 13% pour atteindre 267 milliards de dollars. Le Royaume-Uni en est le principal bénéficiaire avec des flux en augmentation s'élevant à 61 milliards de dollars. Les flux ont également augmenté de manière significative en Suède et au Portugal, mais ils étaient très bas en 2013. Ils ont également augmenté aux Pays-Bas et au Luxembourg, à respectivement 42 milliards de dollars et 36 milliards de dollars. Les flux ont par contre été négatifs en Allemagne (-2,1 milliards de dollars) et en France (-6,9 milliards de dollars). Au Japon, traditionnellement petit pays récipiendaire d'IDE, les flux continuent de se maintenir pour atteindre 10 milliards de dollars l'an dernier. Au Canada, ils ont baissé de 26%, à 53 milliards de dollars. Pays en développement: les flux d'IDE dans les pays en développement ont atteint 700 milliards de dollars l'an dernier, soit le plus haut niveau jamais enregistré. Ils représentent désormais 56% des flux mondiaux. Malgré un ralentissement de la croissance, c'est surtout l'Asie qui réalise des performances (492 milliards de dollars contre 427 en 2013) alors que les flux ont baissé en Amérique latine (153 milliards de dollars contre 190 milliards en 2013). Par sous-région, l'Asie de l'Est, l'Asie du Sud-Est et l'Asie du Sud ont connu un accroissement rapide des flux d'IDE alors que ceux en Asie de l'Ouest ont baissé (-4%), en raison de l'instabilité politique en Irak, Syrie et Yémen, qui a également affecté les pays voisins. Les flux vers la Chine ont augmenté pour atteindre environ 128 milliards de dollars, soit +3% par rapport à 2013. Les flux vers l'Inde ont également augmenté d'environ 26% pour atteindre 35 milliards de dollars. Les flux ont été particulièrement élevés à Hong Kong où ils ont atteint 111 milliards de dollars (+46%) et à Singapour où ils ont atteint 81 milliards de dollars (+27%). En Afrique, les flux ont baissé de 3% pour s'établir à 55 milliards de dollars, en raison essentiellement de la baisse des IDE de -17% en Afrique du Nord, à 12,5 milliards de dollars, baisse due surtout à la situation politique instable en Libye. Les autres sous-régions ont accueilli un montant d'investissements relativement stable, alors que c'est le Mozambique qui a tiré les investissements dans la région. En Amérique latine, les flux d'investissements ont baissé de 19% à 153 milliards de dollars, après quatre années de hausses consécutives. Le Mexique a surtout accusé une baisse des flux (-52%) après une année 2013 exceptionnelle. Les flux ont également baissé au Brésil (62 milliards de dollars), au Venezuela (900 millions d'euros), en Colombie (15,8 milliards), au Pérou (7,4 milliards) et en Argentine (4,5 milliards d'euros). Au Chili, ils ont bondi à 9 milliards de dollars. Pays en transition: les économies en transition ont vu une baisse significative de -51% de leurs IDE qui se sont établis à 45 milliards de dollars. En cause, le conflit ukrainien et les sanctions à l'égard de la Fédération de Russie, la plus grande économie de ce groupe de pays, qui a accusé un recul de -70% des flux, à 19 milliards de dollars. Les flux vers le Kazakhstan et l'Azerbaïdjan ont par contre augmenté. Les perspectives pour 2015 restent incertaines. La fragilité persistante de l'économie mondiale et l'instabilité qui perdure dans certaines régions ne permettent aucun regain d'optimisme, estime la Cnuced. (IL)