Bruxelles, 02/02/2015 (Agence Europe) - Le membre du directoire de la BCE, Benoît Coeuré, a plaidé, lundi 2 février, pour une souveraineté partagée en matière de réformes structurelles dans l'eurozone.
« Affiner constamment les règles budgétaires tout en maintenant les politiques structurelles au niveau national fait peu de sens. Pour que les politiques budgétaires soient libérées de la suprématie des mesures structurelles, un cadre pour ces deux volets de la politique économique est nécessaire. (…) À l'avenir, la souveraineté sur les réformes structurelles devrait être partagée entre les pays (de la zone euro), favorisant ainsi un partage des risques symétriques », a déclaré M. Coeuré à Budapest lors d'une conférence organisée par la banque centrale hongroise.
Il a évoqué les avancées opérées récemment en matière de supervision et de résolution bancaires, compétences désormais transférées au niveau européen dans le cadre de l'union bancaire.
D'après M. Coeuré, la décision de la BCE de lancer à partir de mars un programme de rachat massif de titres privés et publics ('quantitative easing' ou 'QE' à l'européenne) ouvre « une fenêtre de tir unique pour que les gouvernements de la zone euro agissent de concert, suppriment les obstacles structurels à la croissance, échappent au piège d'une croissance faible et de la défiance » (EUROPE 11236). Le 'QE' est un programme « ouvert » qui sera réévalué à l'approche de la date butoir indicative fixée - septembre 2016 - et, si l'objectif d'une convergence durable de l'inflation à moyen terme vers 2% n'est pas atteint, « nous ferons davantage », a-t-il souligné.
Lors de la même conférence, le banquier central autrichien, Ewald Nowotny, a estimé que la zone euro serait soumise à des « pressions déflationnistes » durant le 1er semestre 2015, même s'il a rejeté l'hypothèse d'une déflation généralisée. (MB)