Strasbourg, 02/02/2015 (Agence Europe) - « De la liberté des médias dépendent la démocratie et la défense des droits de l'homme », a rappelé l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) dans une résolution adoptée par 77 voix contre 19 et trois absentions, mercredi 28 janvier.
Très ferme dans les termes, ce texte basé sur le rapport défendu par le socialiste croate Gvozden Flego en appelle à une mobilisation des parlements nationaux au sein des 47 États membres du Conseil de l'Europe, mais cible particulièrement l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Hongrie, l'Italie, la Russie, la Serbie, la Turquie et l'Ukraine. Se référant aux obligations inhérentes à la ratification de la Convention européenne des droits de l'homme par tous les États membres du COE, les membres de l'APCE ont souligné la nécessité de prévoir des mesures spéciales pour préserver la sécurité des journalistes travaillant dans les zones de conflit ou couvrant des manifestations violentes. En cas d'agression, meurtrière ou non, les États membres doivent conduire des enquêtes judiciaires approfondies, est-il précisé avec une référence explicite au conflit armé qui embrase l'est de l'Ukraine. Condamnant fermement l'attaque menée contre la rédaction de Charlie Hebdo, la résolution rappelle que « la critique et la satire politique doivent être protégées car (…) la liberté d'expression est applicable non seulement aux informations et idées qui sont accueillies favorablement ou considérées comme inoffensives ou suscitant l'indifférence mais aussi à celles qui heurtent, choquent ou dérangent l'État ou tout groupe de la population », sous réserve toutefois « des conventions ou restrictions prévues par la Convention européenne des droits de l'homme ». Le texte liste plusieurs propositions spécifiques dont l'organisation dans les parlements nationaux de débats annuels sur l'état de la liberté des médias sur leur territoire respectif ainsi que la mise en circulation d'une « carte d'identité des médias » précisant qui possède ou finance un média donné. (VL)