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Bulletin Quotidien Europe N° 11235
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Limites sur les agro-carburants, coup de gueule du Copa-Cogeca

Bruxelles, 21/01/2015 (Agence Europe) - L'association des producteurs et des coopératives agricoles, le Copa-Cogeca, dénonce les limites qui seront imposées sur les biocarburants issus de cultures agricoles, jugeant ces derniers essentiels pour l'alimentation animale, la production d'énergie et l'environnement.

« Il est inadmissible de limiter l'usage (des agro-carburants) et de nous détourner de la science et de l'innovation », s'est insurgé le secrétaire général du Copa-Cogeca, Pekka Pesonen, lors d'une conférence internationale sur les carburants de l'avenir, mardi 20 janvier à Berlin. « Après la décision de l'UE, en 2009, visant à encourager l'utilisation des agro-biocarburants et garantir qu'au moins 10% des carburants dans les transports proviennent de sources d'énergie renouvelables d'ici à 2020, nous avons considérablement investi dans ce secteur. La Commission européenne fait désormais marche arrière et propose de diviser par deux cette limite, sans avis scientifique pour soutenir sa position. Nous nous opposons aux rapports sur lesquels repose la prise en compte du changement indirect d'affectation des sols (ILUC) dans les déclarations que les fournisseurs de carburants sont tenus de mettre à la disposition des États membres », a insisté M. Pesonen, pointant du doigt « les erreurs de données critiques et les problèmes de méthode ». « Le modèle utilisé pour les rapports n'est ni transparent, ni approprié pour estimer avec précision l'ampleur de l'ILUC dans les pays tiers et les émissions de gaz à effet de serre qui en résultent », a insisté M. Pesonen. « Il n'existe pas d'engagement clair pour le secteur après 2020, ce qui menace les emplois et l'approvisionnement en aliments pour animaux et en carburants. Beaucoup d'incertitudes entourent les investissements actuels sur le marché commun et les producteurs sont laissés pour compte », a-t-il ajouté.

Le Copa-Cogeca demande donc au Conseil et au Parlement européen de choisir une limite plus élevée, d'au moins 8% pour les biocarburants de première génération et de 2% pour les biocarburants avancés en 2020, dans la future politique européenne en matière de biocarburants.

Désormais examiné en deuxième lecture au Conseil et au Parlement, le projet de directive, qui vise à prendre en compte l'ILUC dans les critères de durabilité des biocarburants pour les directives 'qualité des carburants' et 'énergies renouvelables', proposait initialement de limiter à 5% la part des agro-carburants dans les transports. En première lecture, le Parlement européen s'est prononcé pour une limite de 6% et les ministres européens de l'Énergie se sont entendus, en juin 2014, pour limiter cette part à 7%. (EH)

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