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Bulletin Quotidien Europe N° 11229
Sommaire Publication complète Par article 32 / 32
SUPPLÉMENT / Europe/documents n° 2590

Une Présidence lettone ambitieuse mais réaliste

(Dossier réalisé par Camille-Cerise Gessant)

INTRODUCTION

Après l'Italie et avant le Luxembourg, c'est la Lettonie qui a pris, depuis le 1er janvier 2015, la Présidence de l'UE. Pour sa toute première présidence préparée depuis 2012, ce petit pays balte de 2,2 millions d'habitants a trois priorités: une Europe compétitive, une Europe numérique et une Europe engagée au niveau international. La Présidence devra aussi faire progresser le travail législatif sur le plan d'investissement présenté par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker. En période de crispation avec la Russie, important fournisseur énergétique, la Lettonie veut aussi avancer sur l'Union énergétique. Selon la Présidence, des avancées dans ces priorités « pourraient être un bon coup de pouce à la croissance économique dans l'UE ».

Mais les attentats terroristes à Paris risquent bien de mettre les travaux sur la lutte contre le terrorisme tout en haut de l'agenda letton. Le prochain Conseil européen, le 12 février, sera ainsi consacré aux conséquences des attaques au sein de la rédaction de Charlie Hebdo.

Membre de l'UE depuis mai 2004 et de la zone euro depuis le 1er janvier 2014, la Lettonie mise sur le réalisme. Si l'objectif est d'avancer dans ses priorités, Riga souhaite avant tout faire progresser les dossiers en cours et ne pas faire de promesses qui ne seront pas tenues, comme sur une possible harmonisation fiscale et de nouvelles règles sur les 'tax rulings' ou des 'unions' énergétique et numérique d'ici le 30 juin.

Environ 200 événements se tiendront en Lettonie au cours du 1er semestre de 2015, dont 10 réunions informelles des ministres de l'UE, le Sommet du Partenariat oriental en mai ou encore la réunion Asie-UE des ministres de l'Éducation (ASEMME).

ENTRETIEN AVEC LE MINISTRE LETTON DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Agence Europe - Cette présidence sera la première de la Lettonie. Comment votre pays s'est il préparé ? Voulez-vous utiliser cette présidence afin de rappeler que l'UE n'est pas seulement constituée de quelques grands pays ?

Edgars Rinkevics - Je pense que nous sommes prêts. Nous avons passé les deux dernières années à apprendre à partir des expériences des Présidences, en travaillant en étroite collaboration avec la Commission européenne, le trio de Présidences (Italie et Luxembourg), le secrétaire du Conseil et le Parlement européen. Pour les petits et moyens États membres, la présidence est certainement un grand défi, mais aussi une grande opportunité. Si vous n'avez pas une grande bureaucratie, si vous n'avez pas beaucoup de gens qui travaillent à Bruxelles, et une expérience de membre de l'UE de 10 ans, c'est un environnement assez difficile. Je ne parle même pas de l'environnement dans l'UE et en dehors. Mais c'est aussi une excellente occasion de promouvoir un agenda que nous considérons comme pertinent non seulement pour la Lettonie, mais aussi pour l'UE, de mettre en valeur la Lettonie dans l'UE et en dehors.

Quelles sont les principales priorités de la Présidence ?

Nos trois priorités sont l'Europe compétitive (...), l'Europe numérique (...) et l'Europe engagée (...). C'est un programme très ambitieux, mais je crois que, si nous pouvons avancer sur les questions d'investissement stratégique, l'union énergétique, l'agenda numérique, ce sera bénéfique pour l'UE dans son ensemble et pourrait être un bon coup de pouce pour la croissance économique dans l'UE.

Qu'est ce que l'Europe compétitive?

L'Europe compétitive a pour but de s'atteler à l'investissement et à la croissance. La Présidence lettone va s'occuper de la proposition de la Commission sur les fonds d'investissement stratégiques. Le semestre est essentiel pour discuter et s'entendre sur la planification au Conseil et pour travailler en relation étroite avec le Parlement européen. Nous voyons que les zones stratégiques dans ce plan sont des intérêts clés non seulement pour l'ensemble de l'UE, mais aussi pour nous en tant qu'État membre. L'énergie, les transports, la recherche et le développement et les télécommunications sont les secteurs sur lesquels nous serions heureux de nous concentrer. Techniquement, je dirais que l'objectif est que le plan soit approuvé par toutes les institutions. Sera-t-il finalisé ou non au cours de notre présidence, c'est très difficile à dire pour le moment.

L'Union énergétique est aussi importante pour vous. Quelles sont vos priorités?

La création et le développement de l'Union de l'énergie est d'une importance capitale dans les circonstances géopolitiques et géostratégiques actuelles, à la fois pour l'UE dans son ensemble et pour mon propre pays. Nous serions heureux de voir l'Union énergétique stimulée et j'espère que le Conseil européen de mars aura une discussion sérieuse et prendra certaines décisions. Nous voyons deux questions distinctes.

La première concerne les infrastructures. Si nous voulons vraiment obtenir des approvisionnements alternatifs, nous avons besoin de résoudre un problème d'infrastructures à travers le UE. (...) Nous devons obtenir un large plan robuste de l'UE de construction des infrastructures nécessaires développant les capacités nécessaires.

La deuxième question est que nous voyons l'Union de l'énergie comme une Union où la Commission européenne (...) prendrait plus de responsabilités. C'est encore en discussion, mais si nous obtenons une approche plus unifiée quand il s'agit de définir la politique de l'énergie, (...) comment obtenir une certaine diplomatie énergétique avec tout pays tiers qui nous fournit cette ressource nécessaire, ce serait un bon pas en avant. En tant que petit pays, nous voyons vraiment que cette approche unifiée bénéficie à tous. Je crois que dans les circonstances actuelles, il pourrait aussi être très important de disposer d'instruments pour combler certaines des lacunes que l'UE connaît depuis longtemps.

L'Europe numérique est une autre priorité de la Lettonie ...

Nous sommes très en avance dans l'utilisation des technologies informatiques avec l'administration publique, les entreprises. Mais au niveau de l'ensemble de l'UE, il y a encore de nombreux obstacles, nous n'avons pas encore d'approche européenne unifiée. Je ne dis pas que nous allons résoudre tous les problèmes, mais nous allons examiner une proposition de la Commission et travailler sur un paquet législatif solide de mise en œuvre. Nous devons discuter de nombreuses questions, en commençant par les questions techniques (l'accès à Internet, la suppression de certaines barrières) et en abordant aussi la protection des données et la cybersécurité.

Espérez-vous un accord sur la protection des données et quand ? Pensez-vous que vous allez parvenir à un accord politique au Conseil sur le marché unique numérique («continent connecté")?

Ce n'est pas réaliste de penser pouvoir tout résoudre d'ici le 30 juin. Nous avons l'ambition de mettre la proposition sur le développement du marché unique numérique dans une sorte de feuille de route sur les moyens de diminuer ou supprimer certains obstacles. Nous avons une discussion pour savoir si nous pouvons mettre cela sur la table du Conseil européen dans le cadre de notre présidence. Mais ce que nous allons faire maintenant c'est faire tout notre possible pour faire avancer au maximum cet agenda numérique/marché unique numérique dans toutes les institutions de l'UE. Il y aura certaines questions très difficiles à résoudre et certaines propositions législatives à élaborer et cela peut prendre un certain temps. Mais nous voulons pousser autant que possible. La prochaine Présidence est intéressée à poursuivre le travail.

Expliquez-nous ce que signifie l'Europe engagée, votre troisième priorité?

Nous devons nous attaquer à la fois au voisinage Sud et Est de l'UE. Au sud, nous devons nous attaquer à de nombreux défis en commençant par la migration, la situation en Syrie, en Irak, en particulier l'organisation 'État islamique'. Nous avons déjà au moins un Letton membre de l'EI. Nous pensons donc que c'est une question qui doit être traitée sérieusement au niveau européen grâce à la coopération étroite entre nos ministres des Affaires intérieures et de la Justice et ceux des Affaires étrangères.

Il y aussi le Partenariat oriental et, évidemment, la situation en Ukraine. Le sommet du Partenariat oriental aura lieu à Riga. Nous pensons que nous devons envoyer un signal très clair et fort que l'UE est aussi engagée dans le voisinage Est qu'elle l'a été. Donc, nous devons revoir notre politique de voisinage en général et le Partenariat oriental en fait partie. Nous pensons que nous devrions prévoir une grande différenciation entre les partenaires orientaux, notamment en soutenant ceux qui sont sur le chemin de la réforme, qui veulent se rapprocher de l'UE.

L'année 2015 est une fenêtre d'opportunité pour le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP). Je pense que nous pouvons avoir un réel débat. Probablement, nous pouvons revoir le mandat et nous pouvons aller de l'avant dans ces négociations. Il y a aussi le paquet 'climat'. La conférence de Paris aura lieu en mai 2015 et il y a encore beaucoup de travail à faire pour avoir une position européenne commune. L'année 2015 est aussi l'Année européenne du développement. Cela concerne aussi la préparation du programme de développement post-2015 pour la réunion des Nations unies en septembre.

Pourquoi voulez-vous également mettre en avant l'Asie centrale?

Nous ne devrions pas oublier que ce n'est pas parce qu'un pays ou un sujet ne fait pas les gros titres qu'il n'y a pas ou plus de problème. Nous croyons que la situation post-2014 en Afghanistan nécessite encore une attention. Nous voyons qu'il y a un potentiel pour développer les relations entre l'UE et l'Asie centrale. Nous avons une stratégie UE-Asie centrale adoptée en 2007. Il est temps de la revoir pour voir ce qui a été accompli, ce que nous pourrions faire différemment. Nous avons trois priorités. La première est la sécurité, pas seulement en Afghanistan, mais aussi les questions internes dans la région. La deuxième est l'éducation, parce que nous croyons que la vraie modernisation des pays ne peut venir que par un engagement à long terme dans le secteur de l'éducation. Et la troisième priorité porte sur certains domaines stratégiques de coopération, tels que l'économie, le transport et l'énergie.

UNE EUROPE PLUS COMPÉTITIVE QUI DOIT FACILITER L'INVESTISSEMENT

La première priorité de la Présidence lettone est une Europe plus compétitive. Comme les Présidences précédentes, la Lettonie veut ainsi créer plus d'emploi et relancer la croissance économique en Europe. Selon l'ambassadrice lettone auprès de l'UE, Ilze Juhansone, la « tâche principale » de l'Europe compétitive est de faciliter l'investissement. La Présidence devra ainsi aider à la mise en œuvre du plan d'investissement de 315 milliards d'euros, dit 'plan Juncker', qui doit commencer en juin 2015. Tous les actes législatifs devront être prêts pour juin. La Présidence s'est engagée à instaurer des procédures accélérées au Conseil sur ce plan. Les actes devront aussi être approuvés par le Parlement européen. « Tous les actes législatifs seront prêts durant notre présidence (…) car tous les Européens attendent les investissements », a voulu rassurer le Premier ministre letton, Mme Laimdota Straujuma, début décembre.

Pour la Lettonie, il est aussi important de commencer la mise en œuvre des instruments de la politique de cohésion, « principaux conducteurs pour l'investissement et pour renforcer la cohésion économique, sociale et territoriale en Europe ».

La mise en œuvre de l'Union économique et monétaire et la gouvernance économique sont aussi au programme de la Présidence. Considérant que la stabilité macroéconomique est une pré-condition pour attirer les investissements et atteindre la croissance, les Lettons veulent mettre l'accent sur la mise en œuvre des réformes structurelles et les politiques budgétaires saines.

La Présidence veut également veiller à la mise en œuvre du 'semestre européen simplifié' sur la base des objectifs de la stratégie renouvelée EUROPE 2020. Riga souhaite travailler pour avoir des discussions de plus grande qualité au sein du Conseil, avec une participation de l'ensemble des États membres. La Lettonie va inciter à impliquer d'autres parties prenantes et les Parlements nationaux dans les discussions sur les recommandations spécifiques par pays.

La Présidence veut aussi poursuivre les travaux sur la réduction des obstacles administratifs et la poursuite du développement du marché unique, afin d'augmenter l'activité entrepreneuriale, pour permettre de vraiment bénéficier de l'effet des investissements. Elle va travailler sur le fonctionnement du marché unique en progressant sur les propositions restantes du Single Market Act II, avec comme principe directeur d'assurer les quatre libertés: la libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services. « Nous allons travailler à la réduction des obstacles, y compris administratifs, par la promotion du principe de meilleure réglementation et en utilisant l'analyse de la compétitivité dans une plus large mesure », a souligné la Présidence dans une présentation de ses priorités.

Pour améliorer la compétitivité de l'industrie et des secteurs de services connexes de l'UE, la Présidence souhaite faciliter les discussions sur la feuille de route pour la mise en œuvre de la Renaissance industrielle, qui était une priorité de la précédente présidence, la Présidence italienne.

La Lettonie (un ilot énergétique) veut aussi avancer sur la création et le développement d'une véritable Union énergétique, considérant que c'est « le bon moment pour que l'Union de l'énergie devienne une réalité ». « Nous avons besoin d'une politique de l'énergie dans l'UE qui soit fondée sur la solidarité, la confiance et la sécurité », explique le document sur les priorités. Il précise que l'UE a besoin d'un réseau d'infrastructures énergétiques plus intégré et d'une meilleure gouvernance, « en particulier là où la gouvernance régionale n'a pas été pleinement exploitée à travers l'Europe ». Ainsi, la Présidence a deux axes prioritaires: les infrastructures, pour que les ilots énergétiques n'en soient plus, et une Union de l'énergie dans laquelle la Commission européenne aurait plus de responsabilités dans les relations avec les pays tiers fournisseurs d'énergie pour avoir une approche européenne plus unifiée.

Comme demandé par le Parlement européen, la Présidence lettone devrait conduire des discussions sur les 'tax rulings' et l'harmonisation fiscale, mais ne souhaite pas faire de promesses, sachant qu'il y a encore des points de vues différents au sein des États membres.

Développer un véritable marché numérique

6ème pays au monde en termes de rapidité d'Internet, la Lettonie souhaite développer l'Europe numérique et le marché unique numérique, alors que de nombreuses barrières - technologiques, juridiques et de langues - persistent au niveau européen. Selon la Présidence, l'UE doit saisir les opportunités offertes par les technologies de l'information et de la communication pour créer de nouvelles zones de croissance et de nouveaux emplois. « Depuis 2010, le Conseil européen a répété que l'Europe numérique était importante. Il y a un élan, par exemple avec un vice-président de la Commission européenne pour le marché unique numérique. Nous pensons que c'est le bon moment pour avancer sur le marché numérique européen », a expliqué l'ambassadrice Ilze Juhansone. Conscient des difficultés, le pays compte avancer autant que possible sur le marché unique numérique, dossier qui devrait ensuite être repris par la Présidence luxembourgeoise.

La Lettonie veut travailler sur la construction d'un cadre de protection des données plus fort et plus cohérent. Ainsi, pour la Présidence, la sécurité dans l'environnement numérique sera une priorité. Elle va se concentrer sur la recherche d'un accord sur le règlement et la directive sur la protection des données, sur la mise en œuvre de la Stratégie de cybersécurité de l'UE et sur la finalisation des négociations sur la directive 'sécurité des réseaux et de l'information'.

La Présidence va essayer d'avancer vers un consensus sur les activités post-2015 en facilitant les discussions sur la stratégie du marché unique numérique.

Soulignant que, sans infrastructures, le marché unique du numérique n'est pas possible, Mme Juhansone a considéré que le paquet télécom était « un élément très important ». Le marché unique des télécoms et la recherche d'un compromis, d'une solution équilibrée sur l'itinérance et le travail sur la neutralité du réseau, sont donc au programme de la Présidence. Son principe directeur sera de trouver un équilibre entre des services de haute qualité et un coût raisonnable pour les citoyens de l'UE. Riga mettra l'accent sur les discussions sur les compétences numériques et les prochaines étapes en matière de promotion de la numérisation du secteur public, déjà très développée en Lettonie. La Présidence souhaite promouvoir le modèle du « multi acteurs » et veut que l'UE parle d'une seule voix. La présidence va d'ailleurs organiser une 'assemblée numérique' en juin avec la participation de toutes les parties prenantes du numérique. Le sujet pourrait aussi être discuté lors d'un Conseil européen.

UNE EUROPE PLUS INVESTIE AU NIVEAU INTERNATIONAL

La Lettonie souhaite une Europe et des États membres plus engagés dans le monde en aidant la Haute Représentante dans son travail, alors que la situation aux portes de l'Europe, qu'elle soit méditerranéenne ou orientale, est complexe. Sous présidence lettone, la politique européenne de voisinage devrait être révisée.

Et ce n'est pas parce que la Lettonie est un pays de l'Est de l'UE que l'accent sera davantage mis sur le voisinage Est. Le pays veut casser le stéréotype 'les pays de l'Est sont intéressés par le voisinage oriental et les pays du sud sont intéressés par le voisinage sud' et travailler à la fois sur le voisinage Sud et sur le voisinage Est de l'UE.

À l'est, la Lettonie devra bien sûr faire face à la crise ukrainienne. Un des moments forts de la présidence sera le Sommet du partenariat oriental, prévu les 21 et 22 mai. Le dernier, lors de la Présidence lituanienne, avec été désastreux, avec le refus du président ukrainien de l'époque, Viktor Ianoukovitch, de signer l'accord d'association UE-Ukraine. Lors de ce sommet, la Lettonie veut envoyer un signal fort quant au fait que la politique de voisinage reste une priorité politique de l'UE. Le sommet devrait aussi être l'occasion d'avancer sur la libéralisation des visas avec certains pays du Partenariat oriental. « Le sommet devrait donner une sorte de feuille de route sur le futur de la politique européenne de voisinage », a estimé le secrétaire d'État au ministère letton des Affaires étrangères, Andrejs Pildegovics. La Présidence souhaite aussi avancer dans les relations avec le Belarus, un de ses voisins. « Nous ne voulons pas avoir Cuba à nos frontières », a expliqué M. Pildegovics. « J'espère que nous pourrons faire quelques progrès dans le sens où le Belarus est de plus en plus intéressé à dégeler les relations », a-t-il ajouté, précisant qu'il fallait avant tout que le pays progresse en termes de droit de l'homme.

Au sud, la Lettonie concentrera ses efforts sur la situation en Libye, le processus de paix au Proche-Orient, la Syrie, l'Irak et sur la menace que représente l'État islamique, y compris le thème des combattants étrangers. La question de la migration, importante pour la Présidence précédente, italienne, sera toujours une des priorités.

« Il est temps de mettre davantage l'accent sur une région oubliée: l'Asie centrale », a ajouté l'ambassadrice lettone. Une région « négligée », selon M. Pildegovics. La Présidence souhaite réviser la stratégie UE-Asie centrale qui date de 2007 et voudrait des discussions renforcées dans des domaines stratégiques tels que la sécurité, l'économie, la gestion des frontières, l'approvisionnement en énergie, l'éducation, les droits de l'homme, et les transports.

La Présidence lettone souhaite aussi faire avancer les négociations avec les États-Unis sur le TTIP, qui, selon l'ambassadrice, « n'est pas seulement un accord de commerce, mais aussi géopolitique ». Le ministre letton des Affaires étrangères, Edgars Rinkevics, pense qu'il va être possible d'avoir un véritable débat. « Probablement nous pourrions revoir le mandat pour aller de l'avant dans ces négociations », a-t-il ajouté. De même, la Présidence « se réjouit » de la conclusion d'un accord économique et commercial global Canada-UE et de l'avancement des négociations entre l'UE et le Japon. La Présidence souhaite aussi renforcer les relations avec d'autres partenaires stratégiques.

Et la Lettonie, qui compte une forte minorité russe, devra aussi faire face au « problème stratégique russe ». Le ministre s'est d'ailleurs rendu en Russie les 11 et 12 janvier. Si, selon M. Rinkevics, « une grande partie de l'avenir des relations avec la Russie dépend de la façon dont la situation en Ukraine va se développer », l'UE devrait avoir une stratégie sur comment travailler avec la Russie. Il pourrait aussi y avoir de nouvelles formes de dialogue ouvertes. Selon le ministre, plusieurs États membres proposeraient l'ouverture d'un dialogue UE-Eurasie, possible seulement si la situation s'améliore en Ukraine.

2015 sera l''Année européenne du développement'. L'accent sera mis sur les négociations sur le cadre post-2015 et la réunion des Nations unies en septembre 2015, y compris avec de nouveaux objectifs en termes de développement durable. L'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes seront mis en avant. Le paquet climat, avec la conférence de Paris en mai 2015, sera une autre priorité. La Présidence devra travailler à une position européenne commune, qui va encore nécessiter beaucoup de travail.

Comme toutes les présidences, la Lettonie va essayer d'avancer dans les négociations d'adhésion, « avec les Balkans occidentaux en premier ». M. Rinkevics pense ouvrir de nouveaux chapitres avec le Monténégro. Selon lui, si la Serbie reprend le dialogue avec le Kosovo et si les « choses bougent dans la bonne direction », Belgrade pourrait ouvrir, sous Présidence lettone, ses premiers chapitres de négociations. La Présidence lettone veut aussi un alignement de la politique étrangère des pays candidats sur celle de l'UE. La Serbie n'a pas adopté les sanctions européennes à l'encontre de la Russie. M. Rinkevics espère des progrès dans les négociations d'adhésion avec la Turquie. Il est cependant assez prudent sur l'ouverture d'un nouveau chapitre de négociation alors que le commissaire aux Négociations d'élargissement, Johannes Hahn, a dit espérer qu'un chapitre de négociation serait ouvert sous cette présidence.

CALENDRIER

Janvier

12-15- Plénière du Parlement européen (Strasbourg)

19- Conseil Affaires étrangères (Bruxelles)

26- Conseil Agriculture - Pêche (Bruxelles)

26- Eurogroupe (Bruxelles)

27- ECOFIN (Bruxelles)

28- Plénière du Parlement européen (Bruxelles)

29-30- Informelle Justice-affaires intérieures (Riga)

Février

9-12- Plénière du Parlement européen (Strasbourg)

9- Conseil Affaires étrangères (Bruxelles)

10- Conseil affaires générales (Bruxelles)

12-13- Réunion informelle des chefs d'État et de gouvernement

16- Eurogroupe (Bruxelles)

17- ECOFIN (Bruxelles)

18-19- Informelle Défense (Lettonie)

25- Plénière du Parlement européen (Bruxelles)

Mars

2-3- Conseil Compétitivité (Bruxelles)

5- Conseil TTE 'Transports' (Bruxelles)

6- Conseil Environnement (Bruxelles)

6-7- Gymnich (Informelle Affaires étrangères) (Lettonie)

9- EPSCO (Bruxelles)

9- Eurogroupe (Bruxelles)

9-12- Plénière du Parlement européen (Strasbourg)

10- ECOFIN (Bruxelles)

12-13- Conseil Justice et Affaires intérieures (Bruxelles)

13- Conseil TTE 'Transports' (Bruxelles)

16- Conseil Affaires étrangères (Bruxelles)

16- Conseil Agriculture - Pêche (Bruxelles)

17- Conseil Affaires générales (Bruxelles)

19-20- Conseil européen (Bruxelles)

25- Plénière du Parlement européen (Bruxelles)

26-17- Informelle Compétitivité (Lettonie)

Avril

14-15- Informelle Environnement (Lettonie)

15- Plénière du Parlement européen (Bruxelles)

15-16- Informelle Énergie (Lettonie)

20- Conseil Affaires étrangères (Luxembourg)

20- Conseil Agriculture - Pêche (Luxembourg)

20-22- Informelle EPSCO (Lettonie)

24-25- Informelle ECOFIN (Lettonie)

27-30- Plénière du Parlement européen (Strasbourg)

Mai

7- Conseil Affaires étrangères (Commerce) (Bruxelles)

8- Conseil Affaires étrangères (Défense) (Bruxelles)

11- Conseil Agriculture - Pêche (à confirmer) (Bruxelles)

11- Eurogroupe (Bruxelles)

12- ECOFIN (Bruxelles)

18- Conseil Affaires étrangères (Bruxelles)

18- Conseil EJCS 'Éducation et Jeunesse' (Bruxelles)

18-21- Plénière du Parlement européen (Strasbourg)

19- Conseil affaires générales (Bruxelles)

19- Conseil EJCS 'Culture et Sport' (Bruxelles)

21-22- Sommet du Partenariat oriental (Riga)

26- Conseil Affaires étrangères 'Développement' (Bruxelles)

27- Plénière du Parlement européen (Bruxelles)

28-29- Conseil compétitivité (Bruxelles)

31- Informelle agriculture (Lettonie)

Juin

1-2- Informelle agriculture (Lettonie)

8- Conseil TTE 'Énergie' (Luxembourg)

8-11- Plénière du Parlement européen (Strasbourg)

10-11- Sommet UE-CELAC

11- Conseil TTE 'Transports' (Luxembourg)

11- Conseil TTE 'Télécommunications' (Luxembourg)

15- Conseil Environnement (Luxembourg)

15-16- Conseil Justice et Affaires intérieures (Luxembourg)

16- Conseil Agriculture - Pêche (Luxembourg)

18- Conseil EPSCO 'Emploi' (Luxembourg)

18- Eurogroupe (Luxembourg)

19- ECOFIN (Luxembourg)

19- Conseil EPSCO 'Santé' (tbc) (Luxembourg)

22- Conseil Affaires étrangères (Luxembourg)

23- Conseil Affaires générales (Luxembourg)

24- Plénière du Parlement européen (Bruxelles)

25-26- Conseil européen (Bruxelles)

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