Bruxelles, 09/01/2015 (Agence Europe) - Commandée par la Commission européenne, une étude indépendante propose des idées pour améliorer la compétitivité des vins de l'UE. Les recommandations des auteurs vont de la promotion sur les marchés non traditionnels à l'assouplissement de l'obligation de mise en bouteille dans la zone de production ou encore au signe de qualité unique.
Entre 2000 et 2012/2013, les vins de l'UE ont « amélioré leur position concurrentielle globale » sur le marché mondial en valeur, tout en la maintenant en volume, mais ils ont enregistré une « érosion générale de leurs parts de marché » (en valeur et en volume). Partant de ce constat, l'étude réalisée par le bureau italien Cogea (Consulenti per la gestione aziendale, Rome) pour le compte de la Commission propose une série de pistes pour améliorer la compétitivité de ce secteur.
Améliorer l'accès au marché. L'étude, qualifiée de « bonne » à « excellente » par les services de la DG Agriculture, suggère d'encourager davantage le secteur viticole à utiliser les fonds de l'OCM (organisation commune de marché) destinés à la promotion pour pénétrer des marchés « non traditionnels, tels la République de Corée, l'Algérie, les Philippines et le Mexique » et de consacrer les crédits du développement rural et les soutiens à l'investissement prévus par l'OCM en priorité à « l'adaptation structurelle et organisationnelle » des établissements vinicoles orientés sur l'exportation.
Il serait souhaitable, selon les auteurs, d'accélérer/d'entamer des accords bilatéraux entre l'UE et les pays partenaires en matière de vin. Ces accords ne devraient pas concerner que les partenaires traditionnels avec lesquels aucun accord n'a encore été passé (Chine, Russie…) ou avec lesquels des négociations sont actuellement en cours (Japon, États-Unis…), mais également les marchés inhabituels (comme les Philippines). Enfin, selon eux, il est nécessaire, pour améliorer l'accès aux marchés, de « dépasser les contraintes auto-imposées par de nombreux cahiers de charges des vins européens sous AOP-IGP (l'obligation de mettre les vins en bouteille dans la zone de production), au moins pour les vins qui ne sont pas dans le haut de gamme ».
Adapter le produit. Une adaptation de la production vinicole de l'UE au marché est également préconisée par l'étude, dont, pour les segments de haut de gamme et ultra premium, un acronyme unique à utiliser sur le marché mondial, associé à un logo obligatoire, comme cela est le cas pour le secteur biologique.
Les auteurs considèrent également que, s'agissant des vins des segments commercial et super premium, pour lesquels l'origine du produit est plus importante que les signes OAP et IGP, il faudrait prévoir dans la réglementation communautaire l'indication du pays ou de la région de production, par exemple Italie ou Toscane.
Par ailleurs, affirme l'étude, « compte tenu de la complexité croissante de la segmentation du marché à l'avenir, il ne semble pas prudent de se concentrer seulement sur les vins de haute qualité (AOP-IGP), en négligeant les vins de gammes inférieures pour la consommation quotidienne des familles à plus bas revenu ».
De même, vu la demande potentielle pour les vins à teneur en alcool faible ou nulle, « il serait bénéfique d'assurer un cadre législatif clair pour de tels produits », estiment les auteurs, qui jugent nécessaire d'encourager, avec les crédits du développement rural et de l'OCM, « les investissements destinés au développement et à la mise en oeuvre d'innovations demandées par les différents marchés ». (LC)