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Bulletin Quotidien Europe N° 11227
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement

Coup d'envoi de l'Année européenne du développement

Bruxelles, 09/01/2015 (Agence Europe) - Le coup d'envoi de l'Année européenne du développement sur le thème 'Notre monde, notre dignité, notre futur' a été donné, vendredi 9 janvier à Riga, par les plus hauts représentants des institutions de l'UE et ceux de la société civile. C'est d'une ONG lettone qu'est née l'idée de cette initiative qui visera, tout au long de l'année, à informer les citoyens de l'UE sur la politique de coopération au développement de l'UE, à accroître la visibilité des résultats obtenus, à stimuler l'implication des citoyens et à développer, tant chez les citoyens de l'UE que chez ceux des pays bénéficiaires de l'aide, le sens d'une responsabilité conjointe, de la solidarité et des opportunités offertes par le développement (EUROPE 11196).

2015, date butoir pour la réalisation des objectifs du Millénaire, est une année cruciale pour la négociation des objectifs mondiaux universels de développement durable qui leur succéderont et pour les négociations climatiques internationales (COP 21, Paris, décembre). Mme Laimdota Straujuma, Premier ministre de la Lettonie et présidente en exercice du Conseil européen, l'a rappelé à l'ouverture de la cérémonie de lancement qui a été marquée par une minute de silence observée en mémoire des victimes de l'attentat du 7 janvier contre le siège du magazine satirique français Charlie Hebdo.

« Le monde dans lequel nous vivons est de plus en plus interdépendant. Le climat, Ebola et le terrorisme n'ont pas de frontières », a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, en rappelant que l'une des priorités de la Commission qu'il dirige est de renforcer le rôle de l'UE comme acteur global. « L'Europe ne peut être un acteur global que si les citoyens comprennent en quoi le rôle de l'Union européenne et de ses États membres est profitable à tous et dans notre monde interdépendant », a-t-il expliqué. L'Année européenne du développement tombe à point nommé pour « stimuler l'engagement direct des citoyens en faveur du développement ». Évoquant quelques succès remarquables des OMD - le nombre de personnes pauvres a été réduit de plus de moitié, 9 enfants sur 10 ont accédé à l'éducation primaire - M. Juncker a rappelé que l'UE, premier donateur mondial, « a fait la différence dans la vie de millions de personnes ». Et d'ajouter: « Nous avons des histoires fantastiques à raconter sur 'Notre monde, notre dignité, notre future'. Racontons-les. ».

Il a assuré que la Commission soutiendra les plus pauvres au monde, car il reste encore beaucoup à faire, notamment pour le respect des droits fondamentaux. D'où le double objectif assigné au programme mondial post-2015 d'éradiquer la pauvreté et d'atteindre le développement durable pour garantir une vie décente à tous en respectant notre planète et en garantissant la paix et les droits humains. (EUROPE 11219 et 11217). « Nous sommes déjà engagés pour le développement durable et la solidarité globale. Il nous faudra faire plus et mieux. J'appelle tous les citoyens à nous accompagner dans ces efforts. On verra des actions dans toute l'UE, dans tous les États membres », a déclaré M. Juncker.

Federica Mogherini, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a insisté sur le fait que l'Année européenne du développement n'est pas seulement une année des institutions européennes, mais une année européenne impliquant tout le monde. Selon elle, les trois défis à relever cette année sont les suivants: - les économies émergentes doivent accepter plus de responsabilités pour l'après-2015 ; - l'UE ne doit pas seulement opérer des changements externes, mais aussi des changements dans ses politiques et dans son attitude internes ; - il convient d'aborder toutes les dimensions du développement durable, en particulier l'égalité des sexes, l'État de droit, des sociétés pacifiques.

« Avec les OMD, nous avons appris que fixer des objectifs est une aide, mais nous n'avons pas traité correctement la manière dont le développement, les droits humains, la paix et la sécurité interagissent », a-t-elle déclaré en appelant de ses voeux une réflexion approfondie sur la violence et la sécurité. À la lumière de l'attentat de Paris contre Charlie Hebdo, « nous devons réaliser combien les volets internes et externes sont interconnectés ». Une approche fondée sur les droits de l'Homme, sur davantage de droits des femmes et des filles est une nécessité.

Pour Linda McAvan (S&D), présidente de la commission du développement du Parlement, l'Année européenne est une occasion de susciter une prise de conscience, un débat public sur les politiques de développement et de montrer que « la politique de développement, ça marche ». Si les résultats en Afrique subsaharienne sont insuffisants, c'est que les conflits et les crises sanitaires comme Ebola empêchent les progrès, a-t-elle précisé. « Nous devons nous attacher à la prévention des conflits. 2015 doit être davantage qu'une vitrine de ce que nous avons fait jusqu'ici. Ce doit être une année d'action », a-t-elle dit. Les priorités sont au nombre de trois: - que les citoyens comprennent l'importance de la politique de développement ; qu'ils comprennent mieux les objectifs de développement durable et se les approprient ; que soit opérée une sélection des projets concrets illustrant des réussites.

Le Français Henri Malosse, président du Comité économique et social européen, a insisté sur la nécessité de « se battre pour nos valeurs (comme la liberté d'expression, l'égalité hommes/femmes, le respect de l'environnement, la démocratie participative) et de lutter tous ensemble contre le radicalisme, ce nouveau fascisme. Cette année pourrait aider à accroître la sensibilisation et établir des ponts entre les peuples », a-t-il estimé. « La politique de développement est d'une importance primordiale. Notre ennemi c'est la pauvreté. C'est le manque de développement et de dialogue qui est terreau du développement du terrorisme », a-t-il ajouté. Et de souligner aussi la nécessité, selon lui, de « revoir la politique de développement car elle s'est perdue dans la bureaucratie, les procédures, l'aide directe aux gouvernements. Pour cette année 2015, nous ne voulons pas seulement des aides, mais des valeurs ».

Michel Lebrun, président du Comité des régions, s'est réjoui que les autorités locales soient associées et ce, pour trois raisons: 1) la nécessité d'axer cette année sur les besoins essentiels des populations des pays en développement ; 2) la légitimité des villes et régions européennes qui contribuent à ce que l'UE reste 1er fournisseur d'aide ; 3) les défis globaux comme le réchauffement climatique, la perte de la biodiversité qui nécessitent une action 'multiniveaux'. Le Comité des régions organisera, avec la Commission européenne, les Assises de la coopération décentralisée les 1er et 2 juin 2015.

Seamus Jeffreson, directeur de Concord, la plus grande fédération d'ONG européennes de développement, a insisté sur l'importance de parvenir à Paris à un accord climatique mondial pour éviter une hausse des températures mettant en danger la vie des populations des pays vulnérables en développement. Il a plaidé pour un leadership de l'UE et pour « une nouvelle façon de penser les inégalités afin de lutter pour les droits des plus pauvres ». Le développement, ce n'est pas seulement l'aide, a-t-il fait valoir. « Nos politiques, du commerce, de l'agriculture, en passant par les migrations, affectent la vie d'autres dans le monde. Nous devons écrire un nouveau scénario de développement avec des jeunes, les ONG qui luttent contre la pauvreté, pour la préservation de l'environnement, qui promeuvent les droits de l'homme, les syndicats, les nouveaux États membres qui n'ont pas de tradition coloniale, les milieux académiques ». Il estime que la réussite de cette année 2015 sera mesurée à l'aune de la capacité de « démontrer l'universalité de notre cause commune ». (AN)

 

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